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 LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE GROUPE 19 MEYRUES aux ROCHERS des VIERGES -34700

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MessageSujet: LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE GROUPE 19 MEYRUES aux ROCHERS des VIERGES -34700   Mar 23 Avr 2013, 08:58

Bonjour à tous ,
le résultat de mes recherches sur les CJF ,accompagnés de quelques photos au dessus de chez moi
DESCRIPTION:

Les chantiers dans les forêts de l’Aigoual
à Meyrueis, à Villemagne, à Saint Sauveur des Pourcils et Camprieu …


Le général de la Porte du Theil, chef des Chantiers de jeunesse, décida d’affecter deux groupements pour l’exploitation des forêts de l’Aigoual
Le groupement 18 est le premier à s’installer, dans des conditions précaires, dès la fin Août 1940 sur les forêts domaniales du flanc sud de l’Aigoual, Montals, Lingas, Ginestous.
« On s’organise comme on peut. Le plus souvent sous des tentes que l’on recouvre de branchages et parfois dans des huttes. Quand ils n’ont pas la chance de tomber sur de vieilles bicoques, les chefs couchent sous des marabouts.
Rapidement les choses vont mal tourner. Dès le 10 Septembre la pluie se met à tomber, une de ces pluies froide et tenace dont l’Aigoual a le secret. Pas de paille, pas de feu, pas de vêtements de rechange, le ravitaillement n’arrive pas… Pour couronner le tout une épidémie de rougeole se déclenche »
Décision est prise de ramener les camps dans le bas pays. Dans la vallée de Valleraugue et autour du Vigan : Mars, Salagosse, Ardaillès, Mandagout, Molières, Cavaillac, Avèze…L’été on remonte dans l’Aigoual abattre du bois… » «écrit Pierre Mazier ( L’Aigoual en colère)

Le groupement 19 dont le Quartier Général était à Meyrueis, rassemblait 1600 jeunes environ.
Tous les jeunes se trouvaient confrontés à la propagande de Vichy : retour à la terre, recherche des vraies valeurs de la France profonde, vénération du Maréchal. Trois aumôniers catholiques, Navarre, Beys et Durand et un protestant Georges Roth furent affectés au groupement 19.
Les groupes qui réunissaient chacun 130 ou 140 jeunes venaient de s’installer dans les vallées entre Jonte et Trévezel moins exposées que les hautes terres de l’Aigoual où avait été dirigé le groupement 18. Certains passèrent quand même l’hiver - cet hiver 1940-1941 fut particulièrement rude - sous la tente, en particulier à Valbelle, presque à la source de la Brèze, au dessus des Oubrets, à 1100m, et à l’hubac, donc sans soleil. On peut espérer que les moins aguerris furent hébergés, de temps à autre, à la Maison Forestière de Valbelle. C’était le groupement des disciplinaires où étaient rassemblés les fortes têtes.
Mais il y eut des groupes mieux lotis. Je raconterai brièvement l’histoire de celui de Rousses dans la vallée du Béthuzon.

La vie du chantier : le Groupement 19
Le ravitaillement était un problème important et un souci de tous les jours en raison des restrictions et de la dispersion des groupes. Les transports étaient assurés par des camions à gazogène car l’essence, très rare, était destinée aux médecins, y compris les médecins du pays, aux aumôniers et aux chefs de groupement ; « Heureusement, se rappelle Pierre Mazier, nous disposions de quelques bicyclettes et chevaux mais surtout, nous pouvions compter sur nos 120 mulets. »
Les journées commençaient avec le rassemblement, le lever aux couleurs et l’éducation physique : ensuite alternaient le travail forestier, à la hache et à la scie (les tronçonneuses ne verront le jour que 20 ans plus tard) pour faire des bûches servant à confectionner des meules, qui, carbonisées, donneront du charbon de bois surtout pour les camions ou voitures à gazogène.
Les jeunes entretenaient et aménageaient les baraques, les foyers, les cuisines, ils chantaient beaucoup, semble-t-il. Evidemment le sport tenait une grande place et les soirées étaient parfois égayées par des feux de camp.
C’était une vie presque idyllique d’après les souvenirs de quelques uns.

Certains résistèrent à leur façon en organisant un bal du dimanche soir, dans l’ancien four banal, au Planet (place de Meyrueis un peu à l’écart, sous le Rocher du Château) Autour d’un vieux phono se retrouvaient garçons et filles du village et de la vallée du Béthuzon. (Tous les bals avaient été interdits après l’armistice.)
Mais quelques uns ne partagent pas les vues de l’aumônier général, ainsi :
« Georges Vidal, assistant élève à l’Ecole Régionale des Cadres, naïvement le lui dit … Presque aussitôt son stage est interrompu et il est renvoyé sans ménagement dans son camp perdu au dessus de Lodève : motif « ne peut faire un chef de groupe… » (P. Mazier Op.cité).
Pour le groupement 19 avaient été nommés trois aumôniers catholiques : Navarre, Beyx et Durand et une aumônier protestant Georges Roth. Ce dernier, alsacien, officier d’artillerie en 1939-1940. Il fut dénoncé par ses supérieurs pour avoir contesté le devoir d’obéissance au gouvernement de Vichy. Voici quelques termes de cette dénonciation datée du 18 janvier 1943, adressée au Pasteur Marc Boegner, Président de la Fédération Protestante de France, un double parvint probablement au Général De la Porte du Theil. (la voie hiérarchique !) :
 …..5° En 1914-1918, Monsieur Roth ne s’est pas battu seulement pour la France mais surtout ^pour l’expression des idées libérales qui alors, marquaient la politique de son gouvernement. Fait rapporté par le chef de groupe Daran
(il faut noter que ce chef de groupe aime recevoir à son groupe Monsieur Roth, parce qu’il apprécie sa conversation, mais il en reconnaît le danger.)
6° Le chef de groupe Carrignon, chef du groupe 2 ne quitte pas un instant Monsieur Roth quand celui ci vient dans son groupe. Il se rend compte en effet, qu’il est dangereux de laisser le Pasteur seul avec ses chefs d’atelier.
Monsieur Roth dit en outre, à qui veut l’entendre que le gouvernement n’étant pas légitime, le serment que nous avons fait est sans valeur.
… dans ses dernières directives BPO 117 page 5, le Général Commissaire Général s’exprime ainsi : « …un chef des chantiers n’est pas un citoyen libre comme tout autre. C’est un fonctionnaire responsable, de l’éducation des jeunes. Il n’a pas le droit, en conscience de professer une opinion contraire aux directives du gouvernement. »

Toujours est-il que la police allemande débarqua un beau matin à Meyrueis, pour interroger et probablement arrêter G. Roth. Dans un premier interrogatoire l’officier apprit que Roth avait fait ses études de théologie protestante en partie à Montpellier puis à Strasbourg, comme lui-même, il lui aurait désigné la fenêtre en lui disant de s’enfuir.
Georges Roth ne se le fit pas dire deux fois ; il gagna le maquis. Mais pas celui de Bir Hakeim, qui sera anéanti à la Parade sur le Causse Méjean : il avait déjà eu des contacts avec ses chefs mais avait renoncé à les rejoindre, vu leur amateurisme et leur manque de rigueur et de prudence. Il leur en avait fait la remarque en tant qu’officier mais n’avait pas été écouté. Il rejoignit un des maquis de l’Aigoual, qui disposait d’une meilleure infrastructure avec des groupes disciplinés et entraînés, probablement vers l’Espérou.
L’éclatement et la fin des Chantiers
Début 1943 L’horizon s’assombrit pour les Chantiers de Jeunesse. Après avoir envahi la zone Sud en Novembre 1942, Les Allemands exigent le départ, vers l’intérieur, des chantiers qui sont implantés dans les départements côtiers. Le Gard en fait partie et le groupement 18 émigre à Maurs simple chef-lieu de canton de la pointe sud-ouest du Cantal.
Pour la vie des chantiers l’horizon s’assombrit. Avec le débarquement allié en Afrique du Nord en Novembre 1942 et la capitulation de l’armée allemande à Stalingrad le 2 février 1943, les autorités d’occupation demandent puis exigent le départ des groupements pour le Service du Travail Obligatoire
Beaucoup sont obligés de partir, parfois entraînés par leurs chefs, drapeau et musique en tête pour travailler dans les usines d’armement allemandes : mais ce ne fut pas le cas à Meyrueis.
Marceline Causse de Pradines, rapporte cette anecdote dans ses souvenirs 1942-1944 :
«Frank Robert, pasteur à Meyrueis, voit à la poste 150 jeunes téléphonant à leurs familles qu’ils partent au STO en Allemagne et les encourage à ne pas y aller. Il apprend plus tard que ces 150 sont arrivés seulement 13 à Grenoble. Le train traversant la plaine languedocienne, s’arrêtait : s’évadait qui voulait… »
Alors que le groupement 18 avait été dissous en Décembre 1943 le groupement 19 continuera à vivoter. Il semble avoir été oublié. Il sera dissous officiellement le 15 Juin 1944, bien longtemps après les autres groupements. Le combat et le massacre de la Parade avaient eu lieu le 30 Mai et le débarquement le 6 Juin …








Voilà et n'hésitez pas à me poser des questions ...merci à tous
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MessageSujet: Re: LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE GROUPE 19 MEYRUES aux ROCHERS des VIERGES -34700   Dim 30 Juin 2013, 17:37

Félicitations post très intéressant et reconstitution de grand niveau avec de belles pièces comme le patelot CJF !

Sincères amitiés...
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maginotboss
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MessageSujet: Re: LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE GROUPE 19 MEYRUES aux ROCHERS des VIERGES -34700   Dim 30 Juin 2013, 18:05

Très complet et très intéressant ! Merci !
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Lorenzo G
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MessageSujet: Re: LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE GROUPE 19 MEYRUES aux ROCHERS des VIERGES -34700   Dim 30 Juin 2013, 18:58

Tiens, j'étais passé à côté de ce post ! Très intéressant en effet.
 
Merci

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MessageSujet: Re: LES CHANTIERS DE LA JEUNESSE GROUPE 19 MEYRUES aux ROCHERS des VIERGES -34700   Aujourd'hui à 13:38

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