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 Les aumôniers militaires

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Joe.F
Soldat de 2e Classe
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Messages : 22
Date d'inscription : 24/08/2013
Localisation : Lyon

MessageSujet: Les aumôniers militaires   Lun 15 Sep 2014, 14:48

LES AUMÔNIERS MILITAIRES DANS LA GRANDE GUERRE 
LA RELIGION DES POILUS














« J’ai songé avec joie à la parabole du Samaritain. Lui, avait son âne pour porter le blessé de la route de Jéricho. Nous n’avons que nos épaules. Nous sommes les bêtes de somme du champ de bataille... Nous sommes les Samaritains des âmes... Nous t’avons donc porté, pauvre Christ saignant, sur nos épaules. Nous avons étanché tout le sang de tes plaies. Nous t’avons donné de notre pain et de notre vin, nous t’avons aimé. Et à quelles morts nous assistons ! Nos petits soldats souffrent généreusement et meurent fréquemment en héros et en saints qui s’ignorent. Je sais telles et telles morts capables de racheter un peuple et je ne puis croire à la fin d’un pays où l’on meurt ainsi. »
Père Bessière, aumônier militaire





Officiellement laïque, la IIIe République ne reconnait aucun culte, mais ne peut pour autant les ignorer. L’institution qu’est l’aumônerie militaire répond à un besoin essentiel du soldat et de la troupe en général qu’est la pratique de sa religion et l’accompagnement spirituelle dans les épreuves de la guerre.



          I.    A LA MOBILISATION


     La structure du service religieux dans l’armée conçue depuis 1880 se concrétise en août 1914 : l’effectif ostensiblement insuffisant des aumôniers suscite instantanément des réactions. Deux catégories d’aumôniers se côtoieront bientôt : les aumôniers titulaires et les volontaires.

     L’aumônier titulaire : En application de la loi de 1880, ce sont initialement les prêtres agrées par le ministère de la Guerre pour servir comme aumôniers militaires en temps de guerre, à l’exclusion de tous autres.  A la mobilisation, ces titulaires du « brevet d’aumônier de mobilisation » rejoignent d’office leurs affectation (à la condition bien sûr qu’ils soient aptes à servir sur le front).  En août 1914, la montée en puissance de l’armée révèle vite la carence de la représentation religieuse : à la fin du mois, seuls 84 aumôniers sont en poste avec la charge immense de plusieurs millions de combattants… C’est démentiel ! Malgré le recrutement immédiat de quelques prêtres pour tenter tant bien que mal de combler ce vide, le besoin reste trop important.

     L’aumônier volontaire : Afin d’étoffer l’effectif des titulaires, le comte Albert de Mun (député du Finistère et vétéran de la guerre de 1870) négocie auprès du Président du Conseil l’agrément de 250 aumôniers supplémentaires, sans solde : la requête est accordée le 22 aout 1914, à la condition que les candidats soient recrutés parmi des ecclésiastiques non mobilisables. Un bureau  de l’aumônerie catholique volontaire  est créé dans les locaux de la Croix Rouge et se chargera de leur gestion. 395 prêtres volontaires sont ainsi recrutés, dont certain d’un âge vénérable.  Les premiers rejoignent les unités à l’automne 1914.
Pour exemple, le célèbre abbé Achille LIENART est l’un deux. Ce professeur au séminaire de Cambrai s’engage dès le 3 août 1914 comme aumônier volontaire à la 51e Division de réserve : les 4 postes officiels étant pourvus, il sert à titre officieux sans solde ni allocation rationnaire, avant d’être finalement régularisé comme aumônier titulaire en janvier 1915.

Ci-dessus un aumônier militaire officiel, posant parmi les officier du groupe de  brancardiers auquel il est affecté, début 1917, si l’on s’en tient aux quatre chevrons d’ancienneté de la soutane. Sa tenue est conforme aux usages courants : bonnet de police de capitaine, brassard à croix rouge d’officier, et croix d’aumônier militaire.



          II.    L’AUMÔNIER EN TEMPS DE GUERRE


     Parmi les 20 000 prêtres, 500 pasteurs et quelques 50 rabbins mobilisés en application des lois de 1889, 1905 et 1913 sur le service militaire, certains remplissent officieusement des fonctions d’aumôniers bénévoles, à la demande de leur chef de corps. Conservant leur statut militaire et leur uniforme, maintenus dans leur grade, ils peuvent disposer de facilités pour exercer leur ministère auprès de leurs camarades. Quant aux pasteurs et aux rabbins, leur faible effectif ne leur permet même pas d’être présents dans chaque division. Ce système reste seulement toléré par la hiérarchie militaire et peut être remis en cause avec l’arrivée d’un nouveau chef à la tête d’une unité. Or le ministre de la Guerre condamne régulièrement cette situation non réglementaire  : le 20 juin 1916, le général Gallieni considère qu’il « n’y a pas lieu de retenir l’existence d’aumôniers bénévoles », mais il admet que les commandants d’unités peuvent employer « pour le service cultuel [de leur unité] des ecclésiastiques mobilisés sous leurs ordres ».

     Au total, aux quelques 150 aumôniers catholiques titulaires de 1914 se sont ajoutés près de 400 volontaires et plus d’un millier de bénévoles. Chez les protestants, il y a une centaine d’aumôniers servant sous les différents statuts (soit 20 % des pasteurs mobilisés). Les ministres des cultes adaptent donc leur organisation à une armée de plusieurs millions d’hommes. Par leur présence, ils représentent la religion dans les tranchées. Partageant la vie quotidienne des soldats, dont beaucoup avant guerre étaient des hommes éloignés de l’Église, ils contribuent à populariser la figure du prêtre. Les aumôniers subissent la même violence, connaissent les mêmes difficultés, éprouvent les mêmes souffrances que tous les combattants. Mais leur présence, leurs paroles voire le témoignage de leur foi dans les durs moments, sur le champ de bataille, à l’ambulance ou dans les tranchées, concourent à leur rayonnement moral et spirituel  : ils apparaissent comme des confidents et des amis même auprès de non-croyants.

          a) Son statut


     Il est identique pour les titulaires et les volontaires. La loi précise que « les ministres des différents cultes seront attachés aux armées, corps d’armée et division en campagne, mais sans aucune distinction hiérarchique ».
     Il faut savoir que le titre « aumônier militaire » n’est pas un grade mais une fonction assimilée aux capitaines de 4e échelon. Parler de ce fait de « capitaine aumônier » est donc inapproprié !
Et pourtant, on constate sur certaines photos des aumôniers galonnés (grade de capitaine sur le bonnet de police), ce qui est en total désaccord avec la règlementation.  Tentant vainement de bousculer cette pratique, le GQG vient rappeler bien tardivement pour la période de la guerre (le texte date de 1918) que « leur tenue ne comporte aucun insigne de grade ni aucun attribut militaire ».
     Ils bénéficieront cependant de prérogatives (au moins en début de guerre), dont un cheval de dotation et un soldat d’ordonnance.

          b) Ses autorités


     Relevant des groupes de brancardiers, les aumôniers sont placés sous l’autorité du médecin chef. Pour l’exercice de leur ministère, en l’absence d’une aumônerie aux armées avec un prélat faisant autorité, ils continuent à dépendre de l’évêque de leur diocèse du temps de paix, ce qui ne satisfait ni le GQG, ni le Vatican. En 1917, deux aumôniers titulaires (Mgr RUCH et Mgr de LLOBET) sont tardivement nommés « inspecteurs ecclésiastiques aux armées » sans jamais pouvoir pleinement exercer leur mandat de contrôle et de coordination.


St Amand - aumônier du 408e RI

          c) Sa tenue

     La tenue des aumôniers ne comporte pas d’effets réglementaires. L’unique texte de référence est une description des uniformes remontant au 12 avril 1882 : « l’aumônier doit porter comme marque distinctive une croix en argent suspendue par un ruban noir liseré orange ». Avec le brassard, ce sont donc les deux seuls attributs officiels comptant obligatoirement dans la tenue de l’aumônier. Ce ne sera pas toujours respecté, notamment pour la croix, comme le montre de nombreux clichés.


  • La croix pectorale : c’est la croix modèle 1854. Cependant, des aumôniers prendront la liberté de porter des modèles différents.  Le plus souvent, ce sera des croix d’oblats, autrement dit de missionnaires. C’est le modèle de croix le plus répandu après la croix règlementaire modèles 1854.
    La croix pectorale est accrochée à un ruban noir liseré orange en début de guerre. Il sera vite remplacé par un cordon de même couleur, encore utilisé par l’aumônerie française aujourd’hui.




         Cordelière aumônier militaire                        Croix de missionnaire                      Croix réglementaire



Aumônier militaire d’un bataillon de chasseur alpin. Coiffé du casque Adrian mle 15, on peut remarquer que la croix qu’il porte n’est pas règlementaire. Il est question d’une croix pectorale de missionnaire, le modèle le plus répandu après la croix réglementaire mle 1854 . On notera aussi l’absence du brassard de la Croix Rouge.



  • Le brassard : Depuis 1890, les aumôniers doivent le porter comme le personnel de santé des armées, au bras gauche.  Il s’agit pour eux de porter le modèle officier, avec les soutaches dorées. 




  • La soutane : pour les aumôniers, la tenue courante est bien entendu la soutane. Dérivée de l'antique toge romaine, la soutane enveloppe le corps entier, représentant la modestie et la mort au péché. Du clerc revêtu de sa soutane, on ne doit voir que les mains et le visage. Les mains parce qu'elles représentent les œuvres, le visage parce qu'il doit être illuminé par la grâce de la contemplation. En France, le port obligatoire de la soutane par les prêtres date de 1673.
         Il existe plusieurs modèles, plusieurs coupes. La plus classique et répandue est la soutane française ou romaine, composée de 33 boutons représentant les 33 années de la vie du Christ, d’une ouverture au col de forme carrée ou en « V »  pour laisser paraitre le col romain blanc. Il peut y avoir des passants appelés « demoiselles » pour maintenir la ceinture en soie noire.  
    A SAVOIR
    : en campagne, pour faciliter ses déplacements,  l’aumônier pouvait raccourcir  sa soutane au niveau des mollet, ou l’ouvrir jusqu’au ceinturon.
    Certains rajoutaient également des poches de poitrine, facilitant le transports de petites choses.



Soutane française avec ses 33 boutons et sa ceinture en soie noire.
Un modèle très répandu. Il n’y a pas de demoiselles dans le dos pour maintenir la ceinture.

  • Le rabat ou « bavette » : (de moins en moins utilisé au XXe siècle  car remplacé par le col romain) Pièce d'étoffe empesée cachant l'échancrure du col de la soutane. À l'origine, pièce de coton ou d'une autre matière destinée à absorber la transpiration du visage en favorisant son évaporation afin d'éviter de tacher l'habit par des auréoles salines. Particulièrement fréquent en France jusque dans les années 1920, le rabat a d'abord été, au XVIIe siècle, entièrement blanc, puis fait de deux pièces de tissu noir, bordées de blanc ou de perles. Sa disparition est liée à celle du gallicanisme qui n'avait plus lieu d'être après la séparation de la société civile de la religieuse. En effet, le rabat passait pour un symbole du gallicanisme même si tous les prêtres qui le portaient n'étaient pas gallican.



  • La ceinture : (rarement voir jamais portée sur le front) Portée par-dessus la soutane, en costume de chœur ou en costume de cérémonie, c'est une bande de soie ou de matière soyeuse, fermée à la taille sur le côté gauche, retombant en deux pans descendant au-dessous du genou. En France, où elle était portée au quotidien, c'était une longue bande nouée à gauche, légèrement en arrière. Sa couleur dépend de la dignité de celui qui la porte, rouge de soie moirée pour les cardinaux, violette de soie moirée pour les nonces, violette de soie lisse pour les évêques et les prélats ou noire de soie lisse pour les prêtres. Ces derniers n'y ont traditionnellement droit que s'ils ont une charge de curés, doyens ou vicaires généraux. (voir la photo de la soutane)



  • Les coiffures : On trouvait en début de guerre le chapeau ecclésiastique noir, très vite remplacé par le bonnet de police modèle 1891. Pour les aumôniers affectés dans les régiments d’infanterie alpine ou les bataillons de chasseurs alpins, on retrouve la tarte avec une grenade à 7 branches en cannetille doré pour officier. Enfin, dès sa sortie, l’aumônier portait également le casque Adrian modèle 1915, peu importe l’arme. Il devait porter normalement celui du service de santé des armées. Plus rare, il arrivait que certains aumôniers y place une croix de métal ou en laiton.


Un Casque Adrian modèle 1915 d’un aumônier,
découvert récemment dans les Vosges.
L’élément notable est l’inhabituelle croix tréflée
qui surcharge l’insigne du Service de Santé


  • Pantalon et chaussures : là aussi rien de règlementaire. Pour ce qui est du pantalon, l’aumônier pouvait porter une culotte d’officier passepoilé, tout comme une culotte de troupe, ou encore un simple pantalon civil en velours par exemple. Il utilisait des bandes molletières  ou, plus pratique et plus répandu sur les photos, des leggings avec des brodequins mle 1917 ou d'officier. Le port des éperons peut être également de mise, du fait de l’emploi quotidien du cheval de dotation.



  • Equipement divers : pour ce qui est de l’équipement, c’était le ceinturon d’officier sam brown belt, parfois un ceinturon de troupe ou civil également. Une fois encore, rien de règlementaire.  Il pouvait également en rester là, ou porter une musette 1892, une gourde, ou encore le masque M2 dans son boitier.



Un aumônier portant la « barrette ».
C’est la coiffe des ecclésiastiques sur laquelle se trouve
trois cornes surmontées d’un pompon noir.
Lorsqu’il y a quatre cornes, c’est que le clerc
est docteur en théologie d’une université Pontificale.

Notez sa croix pectorale qui est une croix de missionnaire
comme énoncée ci-dessus.
Il porte également 
une simple ceinture en cuir noir.





Un bel exemple de tenue d’un aumônier titulaire, portant le casque de Service de Santé. Le règlement est ici respecté avec le port de la croix modèle 1854, sa cordelière et le brassard de la Croix Rouge pour officier. Pourquoi titulaire et non volontaire ? Les décorations plus que l’équipement attestent qu’il s’agit vraisemblablement d’un aumônier titulaire, dont le statut assimilé aux officiers ouvre droit à l’attribution de la légion d’honneur. Un « prêtre-soldat », non officier, aurait eu la médaille militaire.
(Photo du forum «  lagrandeguerre »)

Notez l’épinglette au-dessus des médailles. Pendant la guerre, 12 millions d’insignes comme celui-ci  aurait été distribués.  Fait que l’on évoque peu, ce qui est regrettable, quand on connait la grande dévotion au Sacré Cœur de Jésus de l’armée française pendant ce conflit. Le gouvernement, profondément anticlérical (ce qui n’est pas du tout le cas de son armée), les fera interdire en juillet 1917. Des peines de prison et des amendes sont encourues pour ceux qui ne suivront pas cette note. Cela n’empêchera pas bon nombre d’irréductibles de continuer à les porter sur la capote.




L’aumônier israélite Abraham BLOCH.
Mort au champ d’honneur en 1914,
après avoir apporté un crucifix
à un soldat catholique agonisant.

          d) L’équipement pour le culte

     Disposition amusante eu égard à la polémique  loi portant sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, les aumôniers militaires sont bel et bien dotés sur le budget national d’une chapelle de campagne : il s’agit d’une cantine de la « Société générale de fourniture militaire », marqué d’un drapeau tricolore et d’une croix rouge à l’identique du matériel sanitaire : elle est aménagée pour se déplier  formant un autel et inclut tout le nécessaire pour la liturgie.
     Trop encombrant pour l’exiguïté des tranchées, ces cantines semblent avoir été souvent délaissées au profit de modèles plus compacts fournis par des associations catholiques, c’est encore l’abbé Schuhler qui en atteste : « L’aumônier célèbre où il peut les saints mystères : dans les tranchées, aux postes de secours, au PC du colonel ou des chefs de bataillon, dans les bois, en plein air, dans les cantonnements de l’arrière, pour les troupes au repos. Il emporte tout son « nécessaire » dans une petite valise fournie par l’œuvre N-D du Salut, ou comme le Père Magnin, dans un sac de soldat fixé aux épaules. […] »

Connaitre l’uniforme, le matériel, c’est une chose. Mais plus intéressant, plus émouvant reste l’âme de ces hommes, leur vie qui à plus d’un titre, doit être un exemple de tous les jours.


          III.    LE QUOTIDIEN DE L’AUMÔNIER


     Il repose sur un principe simple : l’aumônier assure le secours de la religion à tout soldat qui en manifeste le désir. Rigidement fixé aux ambulances par les textes réglementaires, l’aumônier de 1914 comprend très vite que son ministère s’exerce partout, pour tous !

          a) Le rôle de l’aumônier


     La mission prioritaire des ecclésiastiques est de secourir les blessés, leur prodiguer les soins de première  urgence et les acheminer vers les abris. Selon la diversité des statuts et l’augmentation des effectifs, une circulaire ministérielle tardive du 28 mars 1918 tente de redéfinir la nature et le partage des missions : un titulaire se trouve affecté aux ambulances et aux services ; deux, puis trois volontaires visitent les corps de troupe. Dans un corps d’armée, deux titulaires se consacrent aux formations sanitaires et aux éléments non endivisionnés. Les bénévoles, non reconnus par le ministère, ne font l'objet d’aucun commentaire. De manière générale, dans chaque division, un aumônier titulaire assure un service religieux dans chaque régiment. Un prêtre soldat, aumônier bénévole, est également en poste dans chaque bataillon, aidé par deux confrères volontaires.


     En dehors de cette organisation, le rôle des aumôniers n’aura de cesse de s’étendre, avec un zèle et un dévouement digne d’éloges. Certains accompagneront les vagues d’assaut, assistant les mourants sous les plus violents tirs de barrages ; d’autres optent pour les postes de secours apportant réconfort moral et spirituel aux blessés, administrant les derniers sacrements aux agonisants.
     Car l’aumônier reste avant tout le confident, le confesseur, conduisant ses hommes sur la voie du patriotisme, et les préparant au sacrifice suprême.
     Nombre de soldats retrouveront la Foi dans les tranchées, délaissée par beaucoup depuis longtemps.

Messe sur le front - Suprême absolution : le prêtre absout collectivement les péchés de chacun. Elle est accordée en cas de mort imminente.




          b) Lettres du front


     Nous descendons donc dans les tranchées et dans le cœur des aumôniers et des soldats français plongés dans le terrible creuset de la grande guerre. « C’est comme un immense sacrifice, écrivait un prêtre-aumônier à sa famille, quelque chose comme une messe, dont l’autel est l’Europe ». Si telle est la pensée du prêtre, que peut-on dire de la religion des poilus, des victimes de ce « saint » sacrifice ?
Pour répondre à cette question, nous donnerons des faits, des exemples.


L’abbé Paul DONCOEUR
(1880 – 1961)













     Nous sommes en pleine retraite allemande, après la victoire de la Marne, le 14 septembre 1914, dans une ferme du secteur de Noyon. Les français se sont repliés, laissant leurs morts et leurs blessés… l’aumônier est resté. Son sang-froid, sa connaissance de la langue allemande, ont imposé le respect aux allemands et ont sauvé la vie aux blessés. La nuit se passe à panser, nettoyer, donner à boire, calmer et confesser.

     Le lendemain matin, de bonne heure, les allemands partent au-devant de la contre-attaque française qui commence dans les bois. Il ne reste dans la cour que quelques sections qui gardent la ferme et tout autour les morts de la veille, dans les postures où ils sont tombés. Les soldats allemands creusent des tombes ; l’aumônier, aidé par eux, recueille les morts de la cour, les sorts de la maison, et les ensevelit.

     Dans la matinée, des officiers allemands lui font dire qu’il y a dans la campagne un blessé français abandonné.

« Quand j’arrivai près de lui, je me mis à genoux et, me penchant :

     –  C’est moi, lui dis-je.

     –  Qui ça ? demanda-t-il.

Je m’aperçu alors que le malheureux, dont la tête était en sang, avait le front ouvert et les yeux arrachés.

     –  C’est l’aumônier du 115e, dis-je, très ému, qui vient te chercher mon petit.

     –  Ah ! Monsieur l’aumônier, que la Sainte Vierge est bonne !

Il leva son bras droit qui tenait un chapelet :

     –  Toute la nuit, je l’ai priée pour qu’un prêtre passe par ici… Comme je suis heureux !

L’aumônier l’embrasse :

     –  Eh bien mon petit, la Sainte Vierge m’amène. Tu vois. Nous allons t’emmener ».

     Le plus doucement possible, l’aumônier le soulève. Il a une jambe brisée. Il est tombé la veille à 7 heures du matin, puis il est resté là tout le jour. Vers 16 heures, les allemands sont venus sur lui, l’ont retourné ; il a montré sa jambe brisée et, à bout portant, ils lui ont tiré deux balles dans la tête.

     Et il est resté là toute la nuit, à dire son chapelet.

     « Il grelottait de fièvre dans les betteraves glacées de la rosée de la nuit. Je le ramenai à la ferme. Je le pansai. Il souriait de bonheur. Chaque fois que je me penchais sur lui, il redisait : « Je vous salue, Marie », et répétait : « Comme je suis heureux, Monsieur l’aumônier ! Comme elle est bonne de vous avoir mis ici près de moi ! Il mourut à trois jours de là… dans un sourire. »

     Nous devons ce récit au père Doncoeur, jésuite. L’année suivante, il participe à l’offensive de Champagne, longuement préparée, espérée aussi comme la dernière attaque qui doit remporter la victoire. Le 23 septembre, les colonels montent à leur poste de combat. Les heures sont désormais comptées : c’est le moment des suprêmes préparatifs. Au bivouac de Saint-Rémy-sur-Suippe, où se trouve le P.C., des petites chapelles accueillent sans discontinuer les hommes qui, par deux ou trois, viennent se recueillir. Confessions, chants, communion, quelques mots du prêtre et chacun repart en silence.

     Les aumôniers de bataillons sont partout : sous les bombes allemandes ils montent en ligne et, dans les tranchées, apportent à tous le suprême réconfort. Les jeunes un peu tremblants, les vieux très graves, livrant le dernier message pour la famille : « Vous écrirez, n’est ce pas, monsieur l’aumônier ? »

     Et il les quitte, leur donnant en les embrassant la dernière douceur qu’ils aient reçue ici-bas.


L’aumônier militaire Paul Doncoeur

     Le père Doncoeur termine sa journée par le colonel Henri Tesson, commandant le 35e. Il raconte :

     « Je me vois encore le soir du 24 septembre 1915, délibérant avec le Père Ménard si je descendrai à l’abri de notre colonel. L’attaque, il faudrait dire le massacre, était pour demain. En trois jours, nous aurions vu tomber les quatre colonels de la division, autour d’eux quatre mille tués ! Sous les bombardements de la dernière préparation d’artillerie, nous avions, avec le P. Ménard, sape par sape, créneau par créneau, confessé, communié par centaines nos camarades.

     « Vers sept heures du soir, achevant le front du régiment nous passions devant le P.C. du colonel. Que faire ? Vieux marocain, d’une bonté toute cordiale : « Que faire ? Vieux colonial, d’une bonté toute cordiale : “ Moi, m’avait-il dit cent fois pour me taquiner, je suis musulman. Inutile d’essayer ! ” Mais il aimait beaucoup ses aumôniers qui le lui rendaient de tout cœur.

     « Restez ici, dis-je à mon compagnon, priez les anges » ! Je descendis, une trentaine de marches ; j’en aurais souhaité six cents ! J’étais devant la porte. Je frappai. « Entrez ! » Je vis le colonel debout, venant vers moi, tandis que l’officier-adjoint disparaissait. 

     – « Bonsoir, mon colonel, lui dis-je, je viens de confesser tout notre régiment.

Ses paupières battirent et, moqueur :

     – Je vous vois venir, Monsieur l’aumônier.

     – Bien sûr, mon colonel, je viens tout droit, je veux finir par vous.

Et le regardant dans les yeux, je découvris que son âme s’ébranlait, puis il se fit très doux, et très affectueux :



     - C’est qu’il y a trop longtemps, me dit-il, je ne sais plus !

     – Je saurai pour vous, mon colonel, quant au temps, il ne fait rien à la chose. Vous allez voir comme ce sera facile.

Ce fut en effet très facile. Quand la confession fut terminée :



     – Voulez-vous communier, lui dis-je ?

Son regard m’interrogea...

     – Oui, je vous apporte le Bon Dieu.

     – Faut-il me mettre à genoux ?

     – Si vous voulez, mon colonel.

     Je dis les paroles latines et quand je lui donnai l’hostie, je vis sur cette virile figure aux grands traits, aux fortes moustaches noires, des larmes couler. J’étais très ému. Je me mis à genoux, puis tous deux, d’un même mouvement, nous nous embrassâmes et je fis pour lui l’Action de grâces.



     – Mon père aurait agi ainsi, me dit mon colonel, et ma mère, comme elle va être heureuse !

     – À Dieu, lui dis-je, vous avez beaucoup à faire pour demain...

     Le lendemain, 25, à 9 heures, ce fut l’hécatombe. Le 26, le 27, il commandait dans les lignes allemandes les débris de dix régiments jetés dans la fournaise. Il était splendide de paix intérieure au milieu de cet enfer de Navarin. Le 28, à 5 heures du matin, rameutant, le revolver au poing, les vagues d’assaut, il fut broyé par un obus en avant des lignes...

Six mois plus tard, je reçus du fond de la Bretagne une pauvre lettre tremblée:

     «  C’est, Monsieur l’aumônier, une vieille maman qui a enfin le courage de vous écrire. Je crois qu’il suffira que je vous transcrive ce dernier billet que j’ai reçu d’Henri : Je sais que je te ferai plaisir en te disant que je me suis mis en règle avec le Bon Dieu. L’aumônier est venu. Je l’attendais... Cela n’a pas été long. Mon vieux fond religieux est vite revenu. Je me suis confessé, et j’ai communié. Je l’ai fait avec conviction et aussi en pensant à toi. Je me suis trouvé très ému devant ce grand acte et, pour tout dire, c’est avec plus de crânerie que j’affronterai demain la mort. À Dieu ! »

Le 29 au soir, le Père Doncoeur et un confrère parcourent le champ de bataille à la recherche des blessés de quatre jours de combat.

     « Un étrange silence pesait sur ce terrain que déchirait tout à l’heure la rage des artilleries. Seuls parfois se rallumaient l’étincellement et le crépitement des grenades ; autour de nous, les balles tirées par des guetteurs apeurés passaient en cassant les branches. Nous allions, prêtant l’oreille aux gémissements, quand, en traversant un petit bois, j’entendis un chant venir à nous, très doux. Je reconnus une mélodie du Gloria in excelsis de la messe ! Je regardais mon compagnon avec surprise, quand la lueur d’une fusée nous montra, étendue à nos pieds, une forme allongée... C’était ce soldat qui chantait ! Nous nous glissâmes à genoux et, me penchant, je discernai la figure toute jeune d’un petit soldat du 35e qui dormait, les traits détendus, les yeux clos, les lèvres entrouvertes. Un murmure monta... Et c’était cette fois une phrase du Pater.

     –  « Il rêve », me dit mon compagnon.

     En effet, son caprice, reprenant en arrière, murmurait le triple appel du Sanctus. Nous nous regardâmes, malgré nous inquiets. Serait-il blessé ? La fièvre ? Nous appelâmes ; aucune réponse. Je le secouai. Alors plus doux, les lèvres laissèrent échapper un dernier chant, le triple Agnus Dei de la messe... Nous ne découvrions cependant aucune trace de blessure.

     – « Il faut le retourner », dis-je au brancardier, et nous le prîmes par l’épaule.

     Il s’abandonna comme l’enfant que sa mère retourne dans son berceau parce qu’il rêve et, la petite tête se laissant aller sur l’herbe, nous aperçûmes à l’arrière du casque un mince trou noir. Ainsi, une balle dans la nuque, cet enfant agonisait à la face du Ciel, et de son passé de petit paysan remontaient les chants de son église de village ! Agnus Dei, qui tollis peccata mundi, dona nobis pacem ! Ce fut son suprême appel à Celui qui, en effet, porta les péchés du monde, pour lui donner en retour le bienfait de sa paix. »

     N’avait-il donc pas raison, ce prêtre, d’écrire à ses parents :

     « Plus je vais, plus je suis frappé par le sens mystique de la guerre !... Quelque chose comme une messe où l’autel serait l’Europe entière et les victimes les soldats qui tombent chaque jour. Dans cette image lumineuse et grandiose, les petites misères quotidiennes se fondent et la réalité brutale s’efface. Le blessé que je transporte devient le membre visible du Christ immolé et les bruits tragiques de la lutte deviennent l’accompagnement de cet office. Je ne suis qu’un petit rouage, qu’un petit choriste dans cette messe immense, mais j’y joue mon rôle obscur ici-bas, tandis que nos chers morts y continuent le leur dans la splendeur du Ciel... »

     Et le Père Bessière, jésuite, qui décrit si bien le ministère de l’aumônier militaire :

     « J’ai songé avec joie à la parabole du Samaritain. Lui, avait son âne pour porter le blessé de la route de Jéricho. Nous n’avons que nos épaules. Nous sommes les bêtes de somme du champ de bataille... Nous sommes les Samaritains des âmes... Nous t’avons donc porté, pauvre Christ saignant, sur nos épaules. Nous avons étanché tout le sang de tes plaies. Nous t’avons donné de notre pain et de notre vin, nous t’avons aimé. Et à quelles morts nous assistons ! Nos petits soldats souffrent généreusement et meurent fréquemment en héros et en saints qui s’ignorent. Je sais telles et telles morts capables de racheter un peuple et je ne puis croire à la fin d’un pays où l’on meurt ainsi. »


Parmi nos aumôniers de légende, je cite le père Louis Lenoir,
dont les écrits m’ont profondément ému.



Le Père Louis LENOIR , l’aumônier des Marsouins
(1879-1917)












          I.    DIEU, LA FRANCE, LE 4e COLONIAL


    « Avec un bon colonel et un bon aumônier, un régiment passe partout ! » disait le Général GOURAUD. Il connaissait personnellement l’un des aumôniers de son corps colonial, le Père Louis LENOIR, l’extraordinaire aumônier des marsouins. Ce jésuite, très brillant, rappelé d’exil en août 1914 à l’âge de 35 ans, voulant accomplir sa vocation de « missionnaire et de martyr », mit toute son ardeur à obtenir une charge d’aumônier, afin de remplir sa mission auprès des soldats et risquer sa vie au cours des combats. Affecté à un groupe de brancardiers divisionnaires, il s’attacha particulièrement au 4ème RIC, le suivit partout, depuis la Belgique jusqu’en Macédoine, où il tomba au champ d’honneur le 4 mai 1917.

    Il exerça sur les marsouins, qu’il appelait affectueusement « ses enfants », un rayonnement considérable ! Il prêchait, encourageait, réconfortait les hommes par la distribution de petits présents dont il avait rempli sa musette, il trouvait toujours le mot, le geste qui touchait. Mais surtout, il accomplissait son ministère avec une énergie incroyable :
    « Depuis un mois, je préparais mes marsouins à l’assaut de fin septembre. Chaque matin, messe de requiem pour les tués des différentes compagnies à tour de rôle. Durant ces quinze derniers jours, je suis arrivé au total de cinq mille communions. Des hommes venaient se confesser jusqu’à une heure avancée de la nuit et d’autres le matin avant le jour. De plus, je ne pouvais presque jamais prendre quoi que ce soit avant midi et, ces trois dernières semaines, il m’était impossible de manger le soir, le défilé des confessions était ininterrompu ».

    Quand le régiment montait à l’assaut, il accompagnait toujours la première vague, pour soigner les blessés et administrer les derniers sacrements aux mourants. « La grande force du soldat, c’est sa foi catholique » aimait-il à répéter, et il constatait : « Tous en conviennent, les plus assidus à l’église ont été les plus braves au combat ».

    Un des traits de son apostolat, c’était sa dévotion eucharistique. Il considérait comme primordial que ses marsouins puissent communier le plus fréquemment possible. Le 15 août 1914, il notait dans son carnet : « Jésus Hostie est avec moi : Force, Vie, Salut, Victoire ». En  tout temps, il portait sur lui une custode afin de distribuer l’eucharistie aux soldats qui le lui demandaient.

    Ses lettres fourmillent de témoignages, qu’on a ensuite regroupés en un recueil L’Eucharistie au front, dont voici quelques extraits :

    « Chez ces pauvres coloniaux, il y a bien des âmes abandonnées. Beaucoup n’ont pas la moindre notion d’une vie future. Parmi les jeunes recrues, façonnées par l’école sans Dieu, la plupart, devant mon crucifix, sont incapables de se dire ce qu’il représente : « Probablement quelqu’un qui avait fait beaucoup de mal » me répondit l’un d’eux. En revanche, le travail de la grâce dans ces âmes, quand elles se laissent faire, est merveilleux. Plantes sauvages qui, une fois transplantées dans les jardins du bon Dieu, y croissent et y fleurissent de façon exquise.

    « Hier encore, j’enterrais un de ces enfants que la sainte communion, reçue aussi fréquemment que le permettaient les tranchées, avait transformé et sanctifié en quelques semaines. Quand il fut frappé, mutilé dans tout le corps par un obus, il demanda aussitôt à recevoir Jésus. Mais un énorme éclat avait pénétré l’abdomen et le faisait vomir sans cesse. Impossible de lui donner la  Sainte Hostie. Ce fut sa grande souffrance et il mourut peu après, en parlant du Ciel.

    «  Combien se sont ainsi transformés du tout au contact du corps de Notre-Seigneur ! Un engagé vient un jour tomber dans mes bras, en sanglotant :



     - Mon Père, c’est plus fort que moi… j’ai peur !



En quelques communions, il était tout autre, et je le vois encore accourant, plein de gaieté :

     - « Mon Père, devinez ce qu’a fait en moi Notre-Seigneur ; je n’ai plus peur du tout ! »



Il s’est battu et est mort comme l’un des plus braves.

    « A Massiges, l’un des baptêmes que j’ai faits – car il y en a eu beaucoup à faire dans ce corps colonial – eut lieu en plein bombardement. Les ‘’marmites’’ tombaient tout autour de nous et nous couvraient de terre. Le pauvre catéchumène tremblait de tous ses membres. Après le baptême, je lui donnais aussitôt la Sainte Eucharistie : changement complet ! Il cessa de trembler et, tranquille, gai, riant, repris son poste de mitrailleur.

    « Ici, à Beauséjour, nous venons de vivre des jours affreux (car depuis le 7, j’ai dû interrompre et reprendre cette lettre bien des fois). La tuerie s’est terminée par un splendide assaut du 4e Colonial, notre régiment. Depuis le début de la campagne, je n’ai rien vu encore d’aussi beau, d’aussi bien mené, d’aussi tranquillement héroïque de la part de tous. Or, la plupart de ceux qui donnaient l’assaut avait d’abord reçu la Sainte Communion et beaucoup m’ont dit depuis :


     - "Jamais je n’avais donné l’assaut avec autant de courage, parce que j’avais reçu le bon Dieu et qu’avec Lui, je me sentais plus fort que tout".

L’un des officiers qui les conduisait, et qui y trouva la mort, me criait en s’élançant hors de la  tranchée :


     - "Monsieur l’aumônier, nous sommes à la fête" !


    « La plus merveilleuse conquête de la Sainte Eucharistie dans notre division est celle d’un petit israélite, tué à Massiges à la fin de décembre. Il s’était converti un mois avant, et depuis lors, ne cessait de réclamer la Communion. Toutes les fois que je le rencontrais aux tranchées, il me disait :

     - "Mon Père, donne-moi la petite hostie qui me donne tant de force !"

Je la lui donnais, car je porte toujours le Saint Sacrement sur moi, et, avec Notre-Seigneur, il partait intrépide en patrouille. Tous les soirs, il demandait à aller jeter des grenades dans les tranchées allemandes. Son capitaine me disait :

     - "Depuis son baptême, il est épatant !"


    « Et la générosité de ce petit engagé de 17 ans, que de vieux soldats corrompus sollicitent au mal et veulent prendre de force, et qui pour leur échapper, renonce à dormir plusieurs nuits de suite et s’en va tout seul, sous la pluie, dire son chapelet.


     - " Mon Père, me disait-il en larme chaque matin, donnez-moi Notre-Seigneur Jésus, avec Lui, je résisterai à n’importe qui ! "


    Un compagnon du Père LENOIR, le capitaine HEARTY, témoignera à la fin de la guerre, du rayonnement de cet aumônier de légende :
    «  Les coloniaux sont braves… Mais ils n’ont jamais prétendu être de petits saints. Or, voilà des régiments, des brigades, une division qui, sous le rayonnement de surnaturel et de pureté du Père Lenoir, s’étaient, en masse, transformés en peu de semaines. Ces âmes frustes et parfois dévoyées, souvent ignorantes de toutes notions religieuse… ne montaient plus aux tranchées, ne sortaient plus à l’assaut sans avoir préalablement communié.» (Etudes, 5 mai 1918)


    Son abnégation, son sang-froid héroïque, son dévouement toujours souriant lui valurent en mars 1915 la croix de la Légion d’Honneur. Il en attribua la gloire à Qui de droit :  
    « Ma grande joie est que la décoration s’est trouvée attachée officiellement sur le Saint-Sacrement même – il le portait sur la poitrine – qui dans l’occurrence le méritait seul ».

    Au cours de ses catéchismes et de ses sermons, le Père Lenoir expliquait que « la Foi catholique est la grande force du soldat » parce que :
    1° - Elle dit que les devoirs d’obéissance au chefs, de bravoure dans le combat, d’endurance, de sacrifice total de soi à la Patrie, sont sacrées !
    2° - Elle donne la force de les accomplir par ses sacrements, spécialement la communion.
    3° - Elle promet le bonheur infini du Ciel à ceux qui meurent ainsi, si du moins ils sont dans l’amitié de Dieu et ont la conscience pure.
    Et il concluait : « la résurrection de cette Foi dans nos âmes est le plus sûr gage de notre résurrection nationale ! »

    Il était passionnément aimé de ses hommes, qui buvaient ses paroles, recopiaient ses sermons, et l’avaient surnommé « le preneur d’âme ».  Un marsouin écrivait à sa famille : « Notre aumônier a le diable au corps pour faire aimer le bon Dieu ! »

    En juillet 1916, le 4e Colonial se battit sur la Somme, à l’ouest de Péronne, les combats furent acharnés…  Un  mois après, à Biaches, la percée n’était toujours pas faite, le régiment était exsangue. Il fallut pourtant un jour pour repartir à l’assaut. C’en était trop, les marsouins refusèrent d’obéir ! Alors le Père LENOIR, placé parmi les compagnies de mutins, ayant avec son grand crucifix béni le champ de bataille, cria : « Mes enfants, en avant ! ». Et le soldat HUGON, son ordonnance, confirme qu’ « il est parti le premier et comme ont fut obligé de se replier des fils de fer, il resta le dernier, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus personne de blessé sur le terrain ! »

    Quel était le secret de cet aumônier ? Dans un de ses derniers sermons, il avait prêché avec grande foi et angoisse sur le Ciel et l’enfer :
    « Un jour bientôt, tous nous serons d’un côté ou de l’autre… je vous supplie de faire aujourd’hui les sacrifices nécessaires pour vous retrouver tous au Ciel, pour y reconstituer vos familles et notre régiment… Le 4e Colonial est un régiment de héros. Ah ! S’il pouvait être aussi un régiment de Saints ! Je donnerai ma vie pour cela, je la donnerai pour un seul ». Ce crie explique sa vie… et sa mort, le 9 mai 1917, devant Makovo.



          II.    LA MORT D'AMOUR DE L’ABBÉ LENOIR


  Le régiment devait monter à l’assaut d’un piton.
    « Un peu avant l’aurore, écrit un marsouin, je fus réveillé par le Père Lenoir qui me dit : « Mon cher petit, je viens t’apporter Notre- Seigneur, afin qu’il te donne le courage d’accomplir vaillamment ton devoir de soldat chrétien et qu’il te reçoive directement au Ciel s’il veut que tu tombes dans cette attaque. Ne dis rien à tes camarades pour ne pas les décourager, mais on ne réussira pas… Tous sont unanimes à reconnaitre que la préparation est insuffisante… fais tout de même ton devoir, montre que tu es un soldat du Christ. Je te dis adieu, car peut être nous ne nous reverrons qu’au Ciel. Je pars rejoindre les compagnies d’attaques, je veux monter avec elles ». Là-dessus il monta, calme et souriant, vers les premières lignes ».

    L’attaque commence  le 4 mai 1917. La position ennemie sur la ligne de crête est très forte. Les vagues d’assaut partant du bas ne peuvent avancer que lentement. Les hommes obligés de s’arrêter cherchent dans les rochers une protection. Chacun des groupes se trouve isolé des voisins et la circulation de l’un à l’autre, en plein jour, est pratiquement impossible. C’est pourtant ce que fait le Père LENOIR. Courant de groupe en groupe, il porte les derniers secours aux mourants, soulage les blessés et réconforte tout le monde. Il apprend qu’un officier, le sous-lieutenant L. SENESSE, et plusieurs hommes de sa section gisent blessés et isolés à peu de distance de l’ennemi. Cet officier est un des rares anticléricaux du régiment. Le Père LENOIR veut absolument le rejoindre. Vers deux heures de l’après-midi, il part en rampant dans le champ d’avoine. Une première rafale arrête sa marche sans l’atteindre. Il repart sur la gauche. Une seconde rafale crépite. Une balle l’atteint à la tête, l’autre dans la région abdominale. Le Père LENOIR est mort.

    Lorsque, quatre jours plus tard, on put enfin aller chercher son corps, on le trouva étendu sur le dos, le crucifix à la main, la figure souriante, les yeux fixant le ciel… On trouva sur lui une enveloppe contenant deux lettres, la première destinée à ses parents, à leur expédier «  en cas de mort » :

    «  Mes parents biens aimés,
    Si cette lettre vous parvient, c’est que notre Divin Maître vous aura fait un très grand honneur : après avoir donné à votre fils les grâces de la vocation religieuse et du sacerdoce, Il lui aura donné de mourir en servant à la fois Dieu et la France. Remerciez-le avec moi de cette dernière marque de prédilection et ne pleurez pas. Courage ! Souffrir passe… En souffrant, nous méritons le Ciel, et le Ciel est si beau ! »

La deuxième lettre est destinée à son régiment :

    « Je dis au revoir à tous mes enfants bien-aimés du 4e colonial. Je les remercie de l’affectueuse sympathie et de la confiance qu’ils m’ont toujours témoignée ; et si parfois, sans le vouloir, j’ai fait de la peine à quelques-uns, je leur en demande bien sincèrement pardon.
    De tout mon cœur de français, je leur demande de continuer à faire vaillamment leur devoir, à maintenir les traditions d’héroïsme du régiment, à lutter et à souffrir tant qu’il faudra, sans faiblir, pour la délivrance du pays, avec une foi inconfusible dans les destinées de la France.
    De tout mon cœur de prêtre et d’ami, je les supplie d’assurer le salut éternel de leurs âmes, en restant fidèles à Notre-Seigneur Jésus-Christ et à sa loi, en se purifiant de leurs fautes, en s’unissant à Lui dans la Sainte Communion aussi souvent qu’ils le pourront.
    Et je leur donne à tous rendez-vous au Ciel, où nous nous retrouverons pour toujours dans la vraie vie, la seule heureuse, pour laquelle Dieu nous a faits.

    Pour eux et à cette intention, j’offre joyeusement à notre Divin-Maître Jésus-Christ le sacrifice de ma vie.

    Vive Dieu ! Vive la France ! Vive le 4e Colonial !

    Père Louis Lenoir »



Le Père Louis LENOIR
, avec « ses enfants » sur le front de la Marne
.








Bibliographie


- B.Garandeau, "Les aumôniers militaires dans la grande guerre", Uniforme n°292, p.20-27
- D. et M. C. Heneresse, "Insignes et tenues des aumôniers militaires français depuis 1892", ETAI, p.46-89
- G. Guitton, "Un preneur d'âme : Louis Lenoir, aumônier des marsouins", Action populaire, 1921.
- X. Barbier de Montault, "Le costume et les usages ecclésiastiques selon la tradition romaine".


Dernière édition par Joe.F le Sam 20 Fév 2016, 20:37, édité 2 fois
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Hougnat
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Lun 15 Sep 2014, 19:15


Super Intéressant MERCI !!!
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Lamiral
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Lun 15 Sep 2014, 20:29

Joli travail ! Very Happy

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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Lun 15 Sep 2014, 20:36

J'avais promis un article sur l'aumônerie française.Et hop, Houdini! Very Happy

Reste encore à traiter l'entre deux guerre et 1940. Mais là dessus, concernant l'uniforme, pas de réel changement. Il suffit d'adapter l'équipement de cette période à la tenue de l'aumônier (culotte mastic officier ou troupe, casque mle 26, etc.) Wink
On peut noter la création d'une nouvelle croix pectorale en 1939, plus simple que le modèle 1854.

Les nouveautés après la Grande Guerre concernent essentiellement l'organisation de l'institution. 
Par exemple, le 13 mai 1921, un décret institue un « aumônier-inspecteur » catholique pour l’Armée française du Rhin, force d’occupation en Rhénanie. Avec une solde et les avantages d’un général de brigade, cet aumônier tient une fonction diplomatique qui consiste à établir des liens avec l’épiscopat allemand et à justifier auprès du Saint-Siège la politique rhénane de la France.
Autre exemple, avec le décret du 9 novembre 1935, les dispositions relatives aux aumôniers en métropole sont étendues aux territoires d’occupation, aux territoires sous mandat de la SDN (Syrie, Liban) et aux théâtres d’opérations extérieurs.
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Lun 15 Sep 2014, 23:15

génial ,j'attends avec impatience la suite .....

Félicitation

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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Lun 15 Sep 2014, 23:18


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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Mar 16 Sep 2014, 08:57

Franchement je trouve ca super intéressant !!
Pour être catholique j'avoue que je suis assez fier de ce que tu fais ...
Very Happy
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Mar 16 Sep 2014, 14:42

bravo tres bien presenté pour un sujet peut représenté merci de nous faire profité de ton travail !

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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Mer 17 Sep 2014, 17:18

Merci pour cet article très documenté. C'est un vrai plaisir.

J'abuse de vos connaissances : que devrait contenir la valise de l'aumonier ? Les objets liturgiques et nécessaire au culte je suppose ? Mais si oui, lesquels ? Par exemple, le calice ?

Cordialement,

Luc
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Mer 17 Sep 2014, 18:02

Pendant la guerre, l'aumônier avait son "autel portatif": Il est destinée à la liturgie. Pour rappelle, la messe était célébré selon le rite tridentin dite "messe de Saint Pie V". la messe en français naitra sous le Concile Vatican II à compter de mars 1965. On y retrouve tout le nécessaire de messe et plus encore, à savoir :
          - les vêtements liturgiques (chasuble, étole, manipule etc.
          - le calice, le ciboire, la patène, les burettes, les bougies d'autel, un crucifix, un plateau, les hosties et le vin
          - les linges d'autel (corporal, purificatoire, manutèrge et nappe d'autel)
          - les livres (missel romain, propre de la messe en latin, lectionnaire, évangéliaire)
          - divers objets (chapelet, icônes, images saintes, carnets de chants, médailles saintes, goupillons etc.)

Il pouvait également avoir une cantine ou plus simplement un sac dans lequel il y rangeait ses propres affaires : des vêtements (dessous, chaussures, pull etc.), de la nourriture, des cigarettes, du savon etc.

Jusqu’en 1915, soixante-dix autels portatifs ont été livrés par "l’Œuvre des campagnes" (Institution catholique fondée en 1857) chargé depuis sa création d'approvisionner les autels portatifs des aumôniers.
A partir de l'année 1915, c'est à "l’Association Notre-Dame du Salut" de prendre la relève.
Plus officiel, la Société générale de fourniture militaire équipait également les aumôniers sur le budget national. Mais on retiendra surtout l'association citée juste avant.
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Mer 17 Sep 2014, 21:40

tres bel exposé!!
yann
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MessageSujet: Re: Aumoniers militaires   Ven 19 Sep 2014, 17:41

Bonjour,
Très beau travail, cet exposé.
Sur les Aumôniers militaires.

Cdlmt
Zembla007
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Ven 19 Sep 2014, 19:11

Merci pour cette réponse extrêmement précise, plus que ce que j'aurais pu penser.

Si vous avez des éventuelles photos de cet autel portatif, des aumôniers...

Merci beaucoup pour ce bel article.

Luc
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Jeu 09 Oct 2014, 21:33

beaucoup pour ce post très intéressant.

Voici pour le compléter une caisse d'aumônier de 39/40 récupérée lorsque j'ai aidé à vider une vieille maison :




Voici 2 cartes postales photos de ma collection 14-18 d'aumoniers :



2 objets ayant appartenus à un aumônier en 14-18 (goupillon pour les sacrements et vierge miniature qui tourne dans un cylindre en laiton) :


Et un crucifix "artisanat de tranchée" auquel il manque le socle :


Dans les années 90, j'ai eu la chance de participer au débarras d'une maison dans les environs de THIERS qui avait appartenu à une famille aisée où plusieurs générations d'hommes d'église s'étaient suivies...
J'ai donné un coup de main sur plusieurs week-end gracieusement moyennant l'autorisation de conserver ce qui était d'origine militaire ou apparenté (photos, documents, objets).
Ces objets en proviennent comme la caisse en bois de l'aumônier du 190ème RALT !

J'avoue ne pas avoir été déçu et les gens à qui je prêtais "main forte" étaient content de débarraser la maison pour faire les travaux et la louer !

Un ouvrage que je recommande concernant le Père BROTTIER :


Et une lettre datée du 13 mai (1915) d'un aumônier ayant écrit aux parents d'un poilu de la classe 1912 du 21ème RI qui est décédé des suites de ses blessures à l'hôpital auxiliaire de CALAIS le 08 juin 1915.
Différentes lettres très intéressantes ont été retrouvées en vide-grenier avec le livret militaire (Léon LAPRUGNE).


Sincères amitiés...
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Joe.F
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Dim 12 Oct 2014, 19:35

Aaaah le père Brottier... un géant! cheers

Bravo pour la caisse d'aumônier, c'est pas facile à trouver!!! Elle est vraiment  très belle.

Le premier portrait d'aumônier est magnifique! Un titulaire en se référant aux décorations. Il était au 135° RI d'Angers. Une très jolie croix d'oblat, et un beau calot personnalisé. L'avantage de cette tenue, c'est la possibilité de mettre ce que l'on veut dessus (ou presque).


Merci pour ces belles photos l'ami Wink
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ThomasHGW
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Jeu 05 Fév 2015, 20:28

Trouvé sur ebay aujourd'hui - la model allemande

http://www.ebay.de/itm/altes-Kreuz-eines-Feldgeistlichen-/391044645754?pt=Militaria&hash=item5b0c13c37a
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Jeu 05 Fév 2015, 20:39

Il vaut mieux copier la photo, les liens ne fonctionne qu'un certain temps

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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Jeu 05 Fév 2015, 21:42

voila, merci.

je suis pas sure qu'il y a un message d'un collecteur de tenues allemandes - aumoniers dans ce forum? je me souviens pas
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Jeu 05 Fév 2015, 22:52

ThomasHGW a écrit:
je suis pas sure qu'il y a un message d'un collecteur de tenues allemandes - aumoniers dans ce forum?
Ce n'est pas le but de ce forum. Le forum en consacré au militaria Français de 1940 et rien d'autre.

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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Ven 06 Fév 2015, 18:16

bonjour,
honnêtement, je ne sais pas si ce modèle est un réel modèle de crucifix d'aumonier militaire allemand ou pas ; pour preuve, deux clichés d"un crucifix qui nous a été remis par notre chanoine l'année dernière...je ne l'ai jamais entendu parler d'une provenance aumonière et encore moins allemande..



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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Ven 06 Fév 2015, 20:00

En effet le dessin est proche !

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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Jeu 26 Fév 2015, 17:17

Ce ne sont pas des croix règlementaires d'aumôniers allemands. Elles sont "civiles", dont pas mal d'exemplaires furent fabriqués en allemagne. Les aumôniers militaires allemands comme français les utilisaient.
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MessageSujet: Re: Les aumôniers militaires   Aujourd'hui à 04:52

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Les aumôniers militaires
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