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 04e RIC HISTORIQUE

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MessageSujet: 04e RIC HISTORIQUE    04e RIC HISTORIQUE  I_icon_minitimeJeu 28 Mar 2024, 15:46

04e RIC HISTORIQUE  Insign22

HISTORIQUE
DU
4° RÉGIMENT D'INFANTERIE COLONIALE

Le 15 octobre 1939 le dépôt d'infanterie coloniale 219 était chargé par décision ministérielle de former à Paris un régiment blanc auquel était confié l'honneur de l'un des numéros les plus glorieux de l'armée coloniale, le 4°.
A partir du 15 octobre 1939, donc, la caserne des Tourelles, chère au cœur de bien des coloniaux, voyait affluer personnel et matériel sous l'énergique impulsion de son chef, le colonel Robert LARBALETRIER, animateur sans égal.
Le personnel dut faire des prodiges pour percevoir, dans des délais relativement courts, l'essentiel de ses moyens, encore que ceux-ci fussent de maigre qualité.
Les trois bataillons du régiment provenaient d'origines diverses :
- bataillons d'instruction de la région parisienne, dont une partie avait assuré la garde des réfugiés espagnols dans le Midi pendant l'année 1939;
- bataillon provenant du dépôt colonial de Brest.

L'amalgame devait se faire rapidement et sans difficultés, chaque bataillon restant fortement marqué pendant toute la durée des hostilités par la personnalité de son chef.
Les 2 et 3 novembre, le régiment est embarqué à la gare de Pantin à destination de Mutzig (Bas-Rhin). Il est à l'effectif de :
             - 84 officiers dont 22 d’activé ;
             - 298 sous-officiers ;
             - 2.622 hommes de troupe.

Du 4 au 22 novembre, le régiment stationne dans le triangle Geispolsheim - Blaesheim - Hindisheim, à 8 km. 500 au sud-ouest de Strasbourg, en réserve d'armée, et poursuit son instruction à Mutzig. Il dépend de la Ve armée (général Bourret), du 17e corps d'armée (général Noël), de la 4e division d'infanterie coloniale (général de Bazelaire et général Quilichini, commandant l'infanterie divisionnaire). Les autres corps d'infanterie de la division sont le 2° régiment d'infanterie coloniale et la 52e demi-brigade de mitrailleurs coloniaux.

Du 23 novembre au 28 janvier 1940, il tient le sous-secteur de Rhinau, dans le secteur d'Erstein, en bordure du Rhin, de part et d'autre de l'emplacement du pont de Rhinau. La mission est d'organiser et d'occuper le sous-secteur en superposition de l'unité de forteresse qui occupe les ouvrages (le 2/34e R. I. F.).

Ces ouvrages, en nombre fort restreint, consistaient en des casemates d'importance très moyenne. L'organisation à réaliser comportait l'implantation, dans les intervalles, d'ouvrages légers en béton, ouvrages allant du béton pour canons de 25 ou 47 à celui pour fusil-mitrailleur, suivant un plan de feux émanant directement du général commandant le corps d'armée, vraisemblablement en raison de la permanence relative des ouvrages.

Durant cette période le régiment eut à subir des froids rigoureux qui allèrent jusqu'à - 27° et interrompirent presque complètement les travaux, le sol étant gelé jusqu'à 40 centimètres.
Du 4 février au 2 avril le régiment a la mission d'occuper et de défendre le sous-secteur dit de Petit-Rederching, dans la région de Rohrbach (Sarre), en superposition à une unité de forteresse qui occupe les avant-postes et les ouvrages fortifiés de la ligne Maginot (1/153° R. I. F.)

Dans ce sous-secteur la troupe commence à prendre mesure des réalités de la guerre. L'adversaire se montre manœuvrier, ardent pour rechercher le contact. Ses patrouilles de nuit tâtent partout les avant-postes et les intervalles avec des éléments très légers, parfois deux hommes avec un chien. Ils utilisent la lampe électrique de poche, ce qui déconcerte les hommes, et la « mitraillette », ce qui les fait réfléchir et établir des comparaisons avec notre armement. Bref, un groupe franc de régiment est formé sous les ordres du capitaine Thomasset et des lieutenants Hardy et Beaugé, dans lequel les éléments les plus audacieux du corps demandent à entrer. A leur tour ceux-ci rôdent dans les lignes ennemies, tâtent leurs réseaux et s'aguerrissent, mais ils déplorent que nous n'ayons que si peu de pistolet-mitrailleur. N'importe, ils deviennent de vrais soldats et prennent conscience de la qualité de chef comme celui qui obtint, à ce moment-là, la citation suivante à l'Ordre de l'armée :

Le 24 mars, un avion étant tombé en flammes dans le no man's land, s'est spontanément jeté à plus de 800 mètres des lignes avec quatre sous-officiers pour en interdire l'approche aux Allemands, malgré le tir des mitrailleuses.
A, du même coup, protégé la retraite d'un aviateur ainsi que celle de trois hommes d'un régiment voisin, cloués au sol par le feu de l'ennemi. (Lieutenant BEAUGÉ, disparu le 8 juin 1940, en protégeant, avec sa compagnie le repli de la 4e D. I. C., à Mareuil).

Parmi eux aussi, des hommes exceptionnels se révélèrent, comme le soldat Depret, cité à l'Ordre de l'armée en ces termes :
Soldat exceptionnel, d'une, maîtrise de soi et d’une conscience peu commune. Au cours d'un engagement, le 27 février, a pris une large part à la résistance de son élément encerclé dans une position précaire, en tenant, sans défaillance, son rôle de guetteur, pendant quatorze heures consécutives. Trois jours plus tard, au cours d'une rencontre de patrouille, a été mortellement blessé à son poste de combat.
Du 2 au 16 avril, le régiment stationne dans les environs de Phalsbourg. Du 18 avril au 15 mai, il est au repos dans les environs de Lons-le-Saunier, à Gevingey. Il a quitté la 4e division d'infanterie coloniale et se trouve en réserve de Grand-Quartier général.
Le 7 mai, à Lons-le-Saunier, a lieu la présentation du régiment à son drapeau.
A cette occasion, le colonel Larbalétrier, avant la remise des décorations et avant le défilé au pied de la statue du général Lecourbe, a prononcé l'allocution suivante :
Nous allons, pour la première fois, rendre les honneurs au drapeau de notre vieux régiment reconstitué. Dans ses plis, sont inscrits des noms prestigieux : Sébastopol, Saïgon, Tuyen-Quang, Maroc, la Marne, Champagne, La Cerna.
Dans quelques minutes, vous défilerez devant lui aux accents de notre hymne de guerre, l'hymne de l'infanterie de marine, cher à tous les marsouins et doublement à nous.
En cet instant solennel, je vous demande de reporter pieusement votre pensée sur ceux des anciens du 4e tombés a l'ennemi et, principalement, sur ceux de nos camarades qui, partis avec nous en novembre dernier, sont morts au
champ d'honneur, en faisant bravement leur devoir. Leur sacrifice héroïque doit nous servir d'exemple et nous leur devons le culte du souvenir.
Officiers, sous-officiers, caporaux-chefs, caporaux et soldats du 4e régiment d'infanterie coloniale, je vous présente au drapeau de votre régiment.
Du 16 mai au 2 juin, le-régiment, passé à la 8' division d'infanterie coloniale de formation récente, stationne entre Valence et Montélimar, en réserve d'armée des Alpes. Il a à peine le temps d'étudier les emplacements qu'il serait susceptible d'occuper dans les différentes hypothèses du combat de cette armée contre l'Italie, qu'il quitte ses cantonnements et s'embarque pour la région de Compiègne.
Entre temps, le régiment a réparé ses pertes en hommes, dues non seulement aux blessures et aux décès, mais aussi aux fatigues d'un hiver particulièrement rigoureux.

Les nouvelles des Flandres remplissent tous les cœurs de gravité et, cependant, lorsque les premiers éléments motorisés allemands ont percé le front en direction de la mer, chacun attend la fermeture de la mâchoire et personne, pendant plusieurs jours, ne doute du résultat de l'opération.

Cependant la contre-offensive tarde, le ministère change, les opérations de Norvège sont pénibles, les réfugiés du nord de la France passent de plus en plus nombreux, les figures portent les traces des souffrances récentes, quelques-uns sont blessés. Il en vient même de Menton qui remontent la vallée du Rhône et l'on apprend, au cours de reconnaissances dans les Alpes, que les Italiens ferment la frontière au trafic vers la France. Enfin, les nouvelles sur la Somme sont mauvaises et, si nous contenons l'ennemi, nous ne parvenons pas à réduire les têtes de pont qu'il a établies sur la rive sud.

L'angoisse étreint les cœurs et personne ne doute que des jours difficiles vont commencer.

Le 17 mai, le colonel Larbalétrier est appelé au commandement d'une brigade autonome en formation et passe le commandement du régiment au lieutenant-colonel Joua net, son adjoint depuis le commencement de la campagne.

Le 2 juin, le régiment débarque à Ourscamp, en six trains répartis sur toute la journée. Chaque train est survolé par des avions ennemis, mais aucun n'est bombardé. Le régiment appartient désormais à la 7" division d'infanterie coloniale (général de division Noiret, et commandant de l'I. D. colonel Turquin). Les autres corps d'infanterie de la division sont le 33e, le 7e et le 57". La 7e division d'infanterie coloniale, après avoir combattu sous Amiens (VII" armée, général Frère), a été chargée de l'organisation d'une deuxième position, au sud-ouest de Noyon.

Les 4 et 5 juin se passent en reconnaissances d'officiers sur la position et en organisation des villages en points d'appui.

Travail précaire ; la troupe ne réalise pas encore ce qu'est la puissance de feu et d'écrasement d'un char. Le temps presse, les nouvelles que l'on reçoit du front sont de plus en plus mauvaises ; près de nous, au sud de Chauny, l'ennemi s'infiltre. Notre belle position de la montagne de Porquericourt et du mont Renaud est flanquée au sud par l'Oise et, au-delà, par la forêt de Carlepont. Faute d'effectif s suffisants, celle-ci ne sera pas aménagée en défense passive ; elle ne sera pas non plus occupée. Déjà, les cadres perçoivent de quoi nous souffrons. Pourtant, nul ne désespère, bien au contraire. Les anciens, qui furent au mont Renaud pendant l'autre guerre, disent aux nouveaux comment la position a tenu et tous se promettent la même résistance.

La pression se précise au nord où la position n'est pas défendue par une ligne d'eau. Le régiment, au lieu de relever une unité de la division, est envoyé sur le flanc gauche (bois d'Avricourt) assurer la soudure avec la division voisine dont un régiment (le 109e R. I.) supporte des attaques répétées à Crapeaumesnil. Il assurera également la liberté de circulation sur la route Lassigny - Mareuil particulièrement frappée par l'aviation ennemie à Lassigny où se trouve le 1er bataillon (commandant Tanty), et à Plessier-le-Roi d'où le P. C. du 24° corps d'armée a dû se replier vers le
sud durant les jours précédents.

Le 6 juin, le 20 bataillon (commandant Paing) est mis à la disposition de la 23° division d'infanterie qui subit la poussée venant de Saint-Quentin ; le bataillon protège, durant la journée du 7, le repli des éléments de cette division se trouvant à l'est de Noyon. C'est le premier vrai combat du régiment, l'épreuve qui fait surgir les vrais chefs et les hommes au cœur fort. Le bataillon accomplira sa mission et s'y distinguera, principalement sa compagnie d'accompagnement dont beaucoup d'hommes ne reparurent pas à l'appel du soir dans les cantonnements retrouvés à Thiescourt (voir annexe).

Dans la nuit du 7 au 8 juin, les 19e et 290 divisions d'infanterie qui combattent en avant et à notre gauche se replient sur ordre de l'armée, en arrière de la deuxième position, sur laquelle la 4e division d'infanterie coloniale supportera à son tour le choc de l'ennemi.

Aux premières heures du 8 juin, la division reçoit l'ordre de se replier sur l'Oise où elle devait tenir une nouvelle position entre Verberie et Compiègne. Des éléments légers des 1er et 3e bataillons (commandant
Lecam) tiennent la route Condor - Lassigny - Mareuil pendant l'écoulement de la division. La 3e compagnie (capitaine Boulanger) devait s'y distinguer, à Mareuil, où elle retint la poursuite à l'aube du 8 juin et y perdait ses trois officiers et une partie de son effectif (voir annexe).

Les conditions dans lesquelles s'effectuait ce premier repli devaient frapper très violemment l'esprit de la troupe. Les Sénégalais des 57° et 33" régiments d'infanterie coloniale mixte sénégalais se comportaient bien ; la confiance régnait ; évidemment, l'aviation amie n'envoyait. Pas beaucoup de ses représentants, mais tous admettaient fort bien sa présence plus utile dans le Nord et fondaient de grands espoirs sur l'efficacité de notre D. C. A. En effet, chaque jour, plusieurs des avions qui s'acharnaient sur Lassigny étaient descendus aux environs de Thiescourt et, devant la jeunesse des aviateurs et leur peu d'heures de vol, on croyait ingénument que l'Allemagne usait déjà ses dernières ressources en personnel. Les parachutistes ? Tout juste si on acceptait d'y croire. N’avait-on pas envoyé le 7 juin, pendant toute la journée, une compagnie et le peloton motocycliste du 4e ratisser, sans résultat, le bois de la Réserve, derrière la montagne de Porquericourt, pour y chercher quinze parachutistes que les observateurs assuraient avoir vu descendre ?
On croyait fermement à l'efficacité des lignes d’eau ; le mot « infranchissable » était souvent prononcé, malgré l'exemple récent de la Somme.

Bref, la troupe et les officiers qui ne savaient rien de l'ensemble, qui ignoraient ce qui se passait en Basse-Seine et en Champagne, qui ignoraient même ce qui se passait sur les flancs de la division, ne comprenaient pas pourquoi l'ordre était donné d'abandonner une position qui paraissait si forte et c'est avec un sentiment de profonde tristesse et
d'étonnement qu'ils prirent les chemins du sud sur lesquels ils ne devaient plus s'arrêter avant le 25 juin, sur lesquels ils perdirent obscurément tant de leurs camarades, sans jamais avoir la consolation de se battre vraiment, sauf en de courts combats d'arrière-garde.

Les 9 et 10 juin, le régiment est à Croix-Saint-Ouen, entre l'Oise et la forêt de Compiègne. Pour y parvenir, le régiment passe au pont de Verberie où son convoi hippo est en partie détruit par une attaque d'avions en piqué.

Un spectacle pitoyable fut donné au régiment dans la soirée du 10 juin, au cours du mouvement qui devait le mener vers Nanteuil : l'embouteillage, l'emmêlement sur plusieurs rangs d'unités appartenant à des régiments de pieds différents : artillerie, infanterie de plusieurs divisions, motorisées ou non, de réfugiés à pied, en voiture hippomobiles, en auto; la fuite éperdue des conducteurs civils vers tous les couverts au moindre avion, sans même s'assurer de sa nationalité, et l'arrêt consécutif des colonnes sur des kilomètres. Plus de prévôté, plus de service, routier pour la police du trafic. Seuls conservaient une allure militaire les éléments d'arrière-garde qui protégeaient l'écoulement de ces flots de gens, de bêtes et de voitures.

Ces embouteillages devaient se reproduire, hélas ! presque chaque jour et contribuer à affaiblir la capacité de résistance des troupes. Les convois civils s'interposaient trop souvent entre elles et nos adversaires, lesquels ne se gênaient pas pour tirer à travers les files de charrettes des réfugiés.

Le 11 juin, le régiment est à Rosières-la-Montagne, à environ 7 kilomètres au nord-ouest de Nanteuil-le-Haudouin, en superposition ou en avant d'éléments occupant les ouvrages légers des bétons du G. M. P. et protégeant l'installation de la division de l'axe Xoyon - Versigny - Nanteuil.

Les 2° et 3" bataillons soutinrent le choc de l'ennemi devant Rozières et dans le bois de la Montagne, jusqu'à épuisement des munitions. Ils y subirent des pertes sévères dont le chef du 3e bataillon, son état-major et la moitié de son effectif qui furent faits prisonniers. Le 2e bataillon ayant pu se replier à l'abri des bétons fut ravitaillé par son voisin de droite, le 260 régiment d'infanterie et réoccupa Rozières la baïonnette haute. Il y tint jusqu'à la nuit et fut relevé par le 2e régiment d'infanterie.

Dans l'après-midi, le 1er bataillon, augmenté des éléments restant du 3" bataillon, occupait une ligne d'arrêt aux lisières nord du bois de Montlognon, au sud de Baron, tenu par le 33° régiment d'infanterie coloniale. L'artillerie d'appui direct ayant dû s'installer également sur cette ligne, le duel d'artillerie qui accompagna l'attaque allemande sur Baron, dans l'après-midi du 11 nous coûta quelques pertes en tués et en blessés.

Le 12, le régiment interdit le pont de Claye-Souilly, sur le canal de l'Ourcq (25 kilomètres ouest de Paris), durant l'écoulement de la division.

A 22 h. 30, il reçoit l'ordre de retraite sur Pontault-Gombault (15 kilomètres sud-ouest de Paris), où les premiers éléments n'arriveront que très péniblement à partir de 13 h. 30 le 14. Sur ces deux positions, le régiment avait l'ordre de ralentir l'ennemi sur l'axe de retraite suivi par la division.

Chaque fois, le régiment occupera un intervalle, énorme pour ses effectifs épuisés par les marches de nuit, sur une position indéfendable par sa conformation.

A Claye, quelques heures après que le pont eût sauté, des éclaireurs allemands font leur apparition, comme par hasard mélangés à des civils. Ils sont tués, l'ennemi ne paraît pas.

A Pontault, le téléphone fonctionne encore. A la postière qui s'inquiète à son poste menacé, l'administration répond d'attendre……
L'ennemi ne paraîtra pas ce jour-là. Heureusement. Des hommes arriveront jusqu'au soir, épuisés ; d'autres s'égareront, happés par les routes allant vers Paris.

Les ordres n'arrivent plus que transmis verbalement par l'officier de liaison et en ne laissant qu'à peine le temps de l'exécution. Le ravitaillement parvient difficilement, les convois auto et hippo suivent des axes différents et ne se rejoignant que rarement.

Néanmoins, jamais le régiment ne manquera de vivres, grâce au dévouement des officiers chargés du service auto et de l'approvisionnement, les lieutenants Germann et Chavannes.

Incapable de poursuivre la route à pied, tant la fatigue des hommes est grande, le régiment est en majeure partie embarqué en camions le 14 et débarqué à Boutigny le 15 au matin, encore que certains éléments devront faire la route à pied, notamment la compagnie régimentaire d'engins toujours sur la brèche (lieutenant Lepoix). Le régiment réembarque sur voie ferrée en deux trains, pour débarquer aux Aubrais, alors que la mission du régiment est de défendre le franchissement de la Loire à l'ouest de Châteauneuf qui s'en trouve à 30 kilomètres à l'est.

Aux Aubrais, les unités qui débarquent subissent des pertes par suite d'attaques d'avions et des hommes épuisés s'égarent et perdent le régiment, croyant qu'il est descendu vers le sud, alors qu'il a obliqué à l’est.

Ce n'est que le 17 juin que le restant du régiment sera regroupé dans le secteur « Les Vallées », immédiatement à l'ouest de Châteauneuf, où la défense de la Loire s'organise sur un front de plus de 4 kilomètres pour le régiment réduit à deux bataillons très diminués.

Dans la soirée du 18 juin, l'ennemi réussit à franchir la Loire à l'est de Châteauneuf, après avoir submergé la ville encombrée de réfugiés. Ces derniers, depuis cinq jours, affluaient par toutes les routes pour franchir le fleuve. Beaucoup durent rester dans Châteauneuf et subirent les attaques d'avions et les bombardements tout en ayant gêné considérablement les mouvements des troupes.

A la gauche du régiment, le 57e régiment d'infanterie coloniale mixte sénégalais, qui tenait le pont, risque d'être débordé et se replie. Notre 2e bataillon, étalé sur un front trop grand qui ne permet pas aux divers éléments d'assurer la liaison sous les feux d'artillerie et des minenwerfer, se sent menacé et s'infléchit sur sa droite. A 20 heures, le régiment consomme son unique réserve, une section de fusilier s-voltigeur s et une section de mitrailleuses du 52" bataillon mitrailleur mixte, pour protéger son flanc droit, alors que les Allemands prennent pied aux abords de Sigloy, à 3 kilomètres en arrière de son front.

A 21h. 30, le repli du régiment, prévu par la division s'exécute cependant en bon ordre et les hommes entreprennent encore une marche de 80 kilomètres.

Vers midi, le 19 juin, à Nouans-le-Fuzelier et à Salbris, installation de barrages sur l'axe de marche (« bouchons ») pendant que les Allemands, essayant de nous gagner de vitesse, nous précèdent par la route d'Orléans à Romorantin. Poussant même des pointes à travers l'itinéraire des convois hippo qui poursuivent leur route, vers le sud par un itinéraire intermédiaire, ils réussirent à rejoindre notre arrière-garde avec des éléments motorisés et portés qui se heurteront aux « bouchons » tenus par notre compagnie régimentaire d'engins, laquelle les stoppera, à deux reprises, en leur démolissant deux chars (voir annexe). Mais la –pression demeure et, à 20 h. 15, en pleine organisation de « bouchons » au bois d'Olivet (10 kilomètres sud-ouest de Vierzon) avec des hommes recrus de fatigue et qui n'agissent plus que comme des automates, un nouvel ordre d'embarquer fait reprendre le mouvement vers Saint-Michel, que le régiment occupera défensivement dans l'après-midi du 21 juin.
Dans la nuit, nouvel embarquement en camions, le régiment ne laissant que quelques éléments du 1er bataillon et toujours la compagnie régimentaire d'engins en protection. Ces éléments seront repris plus tard en
camions et la compagnie régimentaire d'engins s'acheminera seule vers 4 heures, le 22 juin, sans avoir été inquiétée.

Ce nouveau déplacement amènera, au lever du jour, le 4e régiment d'infanterie coloniale au pont de Fongombault, sur la Creuse (7 kilomètres nord-ouest du Blanc).

L'organisation de la tête de pont sera terminée au milieu de la journée, les deux bataillons sur la rive nord, 3 kilomètres de front, les unités voisines étant à 5 et 7 kilomètres (Lurais et Le Blanc) et une base de
feux sur les hauteurs de la rive gauche.

Malgré leur état de fatigue et l'étendue du front, les hommes paraissent confiants dans la qualité de la position particulièrement facile à défendre. Les liaisons sont prises ; ils attendent impatiemment l'arrivée de l'ennemi au débouché des bois qui bordent la Creuse au nord. Nulle nouvelle ne parvient, mais on espère toujours. Depuis plusieurs jours, on n'entend plus d'avions, rarement même les reconnaissances ennemies viennent rechercher le contact au petit matin. Pour s'orienter, plus de cartes ; on s'arrache les cartes des calendriers de cuisine dans les maisons abandonnées ; c'est tout ce que les artilleurs ont pour leur préparation de tirs, mais, qu'importe, on ne croit pas au pire.

Ceux qui restent maintenant au régiment, ce sont les meilleurs, ceux qui ont résisté aux marches épuisantes, aux découragements, aux abandons ; ceux-là repartiraient de l'avant au moindre signe. Ce signe tant
attendu ne viendra pas.

Ce qui vient, dans la nuit du 22 juin, c'est l'ordre d'embarquer, un ordre qui viendra si tard que les rames de camions perdant patience n'attendront pas le régiment, partiront à vide et que le régiment devra exécuter une marche rapide de 35 kilomètres, qui l'amènera une nouvelle fois exténué, entre Boutigny et Montmorillon, au lever du jour, alors que
le colonel l'attend à Saint-Claud, à 70 kilomètres plus au sud.

Par bonheur, les camions régimentaires et ceux du 52" bataillon mitrailleur mixte sont arrivés à Saint-Claud. Déchargés, ils sont envoyés à temps au-devant du régiment et celui-ci est regroupé le 28 juin, vers midi, à Pouvaraud et Chassieq; même le convoi hippomobile parvient à rejoindre, par des chemins écartés, avec des animaux complètement fourbus.

Le 24 juin, postes de T. S. F. et journaux sont retrouvés en zone non évacuée. On reçoit les nouvelles avec stupeur. La consternation est générale. Les regards qui s'échangent d'hommes à officiers sont voilés.
Il faut cependant marcher encore; les Allemands talonnent.
Il faut cependant marcher encore ; les Allemands talonnent. Le 24, à 14 h. 30, nouvel ordre d'embarquer. Cette fois, l'ennemi rejoint le 2e bataillon, et son chef qui le précédait se heurte à une reconnaissance d'officiers allemands aux abords de Champagne-Mouton. Ces derniers, aimablement (ils savent déjà que l'armistice est signé et, nous, nous ne
le savons pas), mais ironiquement, lui indiquent son chemin.
Le 25, le régiment cantonne dans la région de Miallet.
Tout est consommé !
Le régiment aura perdu, officiellement recensés, 30 tués, 120 blessés et de nombreux disparus dont, pour beaucoup sans doute, on ne connaîtra pas quel fut le sort. Du moins, il aura ramené dans les lignes – avec honneur - son drapeau, la majeure partie de son personnel et de son matériel.

Lors d'une revue passée le 7 juillet par le général de division Noiret, commandant la 7e division d'infanterie coloniale, les croix de guerre suivantes furent remises :

               - A l'Ordre de l'armée : officiers, 3; troupe, 1;
               - A l'Ordre du corps d'armée : officier, 1; troupe, 4;
               - A l'Ordre de la division : officiers, 7; troupe, 10;
               - A l'Ordre de la brigade : officier, 1; troupe, 1;
               - A l'Ordre du régiment : officiers, 23; troupe, 370.

Immédiatement avant la revue du 7 juillet, le chef de corps, rassemblant le régiment autour de son drapeau, résume, dans l'adieu suivant, à la fois les pensées inspirées par le passé et les devoirs entrevus pour l'avenir :

Officiers, sous-officiers et soldats du 4" régiment d'infanterie coloniale, au moment où la démobilisation va disperser le régiment et vous rendre à vos foyers, je tiens à m'adresser une dernière fois il ceux qui ont suivi notre drapeau jusqu'au dernier jour.

Ma pensée, mon salut ému, iront tout d'abord à nos morts, à nos blessés, à ceux qui n'ayant pas quitté les postes où les ordres de leurs chefs les avaient placés, ont fait face à l'ennemi jusqu'à ce que celui-ci les ait submergés.

A vous, mes camarades des jours de deuil, je dois un merci pour les efforts parfois héroïques que vous avez faits afin de conserver la cohésion du régiment. Cette cohésion nous a permis d'assurer les pénibles missions d'arrière-garde qui vous ont paru si souvent incompréhensibles, mais qui étaient imposées par une situation- générale que vous connaissez depuis l'armistice. Je vous demande, au nom de nos morts, au nom de la Patrie mutilée, de garder intact et fièrement le souvenir des jours que nous venons de vivre en commun. Je vous demande de vous refaire - pour vous et pour les vôtres - une mentalité neuve de courage, de volonté de redressement moral, d'acceptation des longs sacrifices nécessaires, de réaction contre l'abandon, la récrimination stérile, la paresse du corps et la veulerie de l'esprit.
C'est à ce prix seulement que vous, qui vous êtes déjà montrés les meilleurs parmi les défenseurs du pays, serez un exemple à suivre pour vos enfants et pour ceux qui vous regarderont vivre dans vos foyers. C'est à ce prix seulement que la France redeviendra ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : une grande nation respectée.

Camp de Rivesaltes, 2 octobre 1940.
Le lieutenant-colonel JOUANNET, de l'infanterie coloniale.


Dernière édition par 110RI le Jeu 28 Mar 2024, 16:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 04e RIC HISTORIQUE    04e RIC HISTORIQUE  I_icon_minitimeJeu 28 Mar 2024, 15:57

ANNEXE

POUR
l'Historique du 4e Régiment d'Infanterie Coloniale

Copie d'une relation d'épisodes significatifs concernant la conduite au feu
de certains officiers du régiment.


I.

Happlincourt.- Protection du repli de la 23e division d'infanterie
(7 juin 1940)

C'est à Happlincourt, un petit village au-dessus de Noyon, au sommet du massif boisé qui couvre les sorties nord et est de la ville, dont les toits de tuiles rouges des faubourgs viennent border la forêt. La veille, le 2e bataillon du 4e régiment d'infanterie coloniale (commandant Paing), après trois jours et trois nuits de voyage en chemin de fer, de marches et contremarches harassantes, a traversé la ville morte, longé les murs de l'antique cathédrale, qui porte encore la trace des glorieuses mutilations de l'autre guerre. Les officiers ont réparti leurs hommes dans les granges et se sont allongés près d'eux dans la paille. On peut dormir tranquille : le bataillon est en réserve de division ; seul veille, dans la tiède nuit de ce mois de juin, l'indispensable service de sécurité.

Soudain, dans l'aube qui pointe, c'est l'alerte brutale, le réveil sous la canonnade intense : la division, durement pressée par l'ennemi, débordée sur ses ailes, a dû se replier dans la nuit.

Noyon, violemment bombardée, est tournée par le sud-est et des éléments allemands s'infiltrent dans les faubourgs nord-est, prenant à revers sous leurs feux nos sections qui gagnent en hâte leurs emplacements de combat. Le bataillon — à qui incombe brusquement la mission de protéger le repli de tous les éléments se trouvant encore à l'est de Noyon — est attaqué de trois côtés à la fois ; la fusillade crépite et l'on se bat à la grenade dans les fermes d'Happlincourt.

Le chef de bataillon, après deux heures de combat, reçoit l'ordre de se replier à son tour. « Décrocher » sous le feu, en plein jour, même par échelons successifs, ce serait vouer le bataillon à sa perte. Une section de mitrailleuses bien placée, conduite par un officier énergique et décidé, peut protéger efficacement le repli, sauver de la mort où de la capture certaine plusieurs centaines d'hommes, mais elle est d'avance sacrifiée.

La décision du chef est vite prise et l'ordre est donné au lieutenant Debray : « Empêcher à tout prix la progression de l'ennemi pendant que le bataillon décroche. Je compte sur vous pour tenir. » Les deux hommes,
dans un bref regard, se sont compris et le lieutenant Debray sait déjà qu'il est celui « qui ne reviendra pas ».

Une poignée de mains d'adieux scelle le pacte et le chef, la main à la visière du casque salue, en maintenant à peine son émotion, celui qu'il sait ne pas revoir et qui déjà s'affaire sur ses positions.

« Dépêchez-vous les gars ». Ces gars-là, ce sont ceux de la « mitraille », ceux que le lieutenant Debray a formés, étudiés, réprimandés parfois, réconfortés souvent, au cours des huit mois de campagne sur les bords du Rhin, en Lorraine, dans les points d'appui à l'avancée de la ligne Maginot. Ce sont de bons gars, mauvaises têtes parfois, mais qui ont le cœur bien accroché et pour qui « le lieutenant, c'est quelqu'un ».

Le danger, le froid, la fatigue des marches, l'ennui des longues nuits glaciales passées à veiller en commun sur les pièces en position ont forgé à ces hommes, officiers, gradés et soldats, une âme commune et il y a entre eux plus que de l'amitié, une sorte de rude affection faite d'estime et de confiance mutuelle.

Le commandant se détourne rassuré : ceux-là sont de la race de ceux qui tiennent. Et le bataillon, section par section, décroche souplement tandis que crépitent sans arrêt les mitrailleuses du lieutenant Debray déjà cernées de toutes parts.

Le soir, sur la route, le bataillon reformé à l'abri, défile devant son chef qui, pour la première fois depuis des mois, ne salue pas, en tête de la compagnie de mitrailleuses, le passage de la 1re  section, la section du lieutenant Debray, celui qui n'est pas revenu, qui ne reviendra jamais.

II.

Mareuil-la-Mothe.- Protection du repli de la 7e division
d'infanterie coloniale (8 juin 1940).

Ce fut une dure mission qui échut ce jour-là au capitaine Boulanger, commandant la 3" compagnie du lrc bataillon du 4° régiment d'infanterie coloniale, un ancien de l'autre guerre, ex-cavalier portant élégamment ses 50 ans et qui en avait pourtant vu bien d'autres. La division, débordée sur sa gauche, se repliait dans la nuit. Le capitaine Boulanger avait reçu l'ordre d'établir un « bouchon » à Mareuil-la-Mothe pour protéger le lent écoulement vers le sud, sur la route nationale, des lourds convois hippomobiles et des massives colonnes d'artillerie et d'infanterie.

L'ennemi n'avait pas perdu le contact et, après une rude journée d'intenses bombardements par avions, pressait nos unités en retraite, espérant leur couper la route et les capturer.
L'arrière-garde du capitaine Boulanger s'établit, dans la nuit profonde, aux issues du petit village déserté par ses habitants.

Aux issues est et ouest, deux sections d’infanterie ; au centre, sur la place publique où jouaient, quelques heures encore auparavant, les enfants du village, le capitaine Boulanger avec une section de mitrailleuses braquées sur les sorties nord d'où peut surgir l'ennemi.

Et c'est l'attente anxieuse dans l'obscurité, le doigt sur la détente, tandis que le capitaine, après avoir visité ses sections, s'être assuré que chacun est à sa place et avoir montré à tous son calme visage, dénombre un par un les derniers convois et les dernières unités de la division qui se hâtent, pour échapper à l'encerclement.

Très vite, éclatent les premiers coups de feu qui se transforment bientôt en vive fusillade.' Des éléments allemands s'infiltrent dans le village-, submergeant les sections des issues, et c'est le combat rapide, aveugle, acharné de rue à rue, de porte à porte, de fenêtre à fenêtre, contre lin ennemi invisible et partout présent. Le capitaine Boulanger debout, sur la petite place plantée de tilleuls, conduit le tir de ses mitrailleuses, protégeant l'écoulement des derniers éléments, tandis que se ferme peu à peu sur lui le cercle de feu. Des maisons bordant la place, les rafales de mitraillettes se font progressivement plus nombreuses, plus précises, plus meurtrières.

Le capitaine Boulanger tient toujours, avec ses pièces servies par les mitrailleurs encore valides et avec quelques voltigeurs que son exemple a galvanisés. Des hommes qui ont pu échapper à l'étreinte l'ont vu,
toujours calme, debout au milieu des siens et face au feu.

L'aube pointe enfin ; la division est passée ; elle s'installe sur ses nouvelles positions ; déjà, certains éléments peuvent maintenant faire front à l'ennemi et se défendre. Alors, aux premiers rayons du joyeux soleil de juin qui inondent la place de lumière, le capitaine Boulanger, blessé à mort d'une balle au ventre, sa mission terminée, s'incline doucement pour mourir près de ses pièces encore chaudes.

Salbris.-Protection du repli de la 7e division d'infanterie coloniale
(19 juin 1940).


Le jour se lève lentement sur la campagne tard endormie, après le passage des derniers convois de la division. Le lieutenant Brault, de la compagnie régimentaire d'engins du 4e régiment d'infanterie coloniale, placé au « bouchon » de Salbris avec un canon de 25 et une section de fusiliers pour interdire l'avance des éléments motorisés allemands, se sent le cœur plus léger : l'ennemi n'a pas suivi et les camarades qui n'ont pas dormi depuis plusieurs jours pourront prendre quelques heures de repos.

Secouant la fatigue qui les écrase, les hommes replient la flèche du canon, rangent les obus, attèlent la pièce. On va « rentrer » et peut-être pouvoir dormir.

Soudain, le lieutenant Brault prête l'oreille : un bruit sourd, derrière le coude de la route qui va vers le nord, se précise et s'amplifie. A 800 mètres, un char débouche et, plus loin, un camion chargé d'hommes.

A l'avant du char, on distingue mieux, à mesure qu'il avance prudemment, la croix gammée. Pas de doute : ce sont eux !

D'ailleurs, un éclatement à 50 mètres enlève toute hésitation ; le tank allemand ouvre le feu, à l'aide de son 77 ; le tir est heureusement trop court. L'ordre jaillit : « A la pièce, dételez et amenez » et, aux fusiliers ; « A vous ceux du camion ».

Sous le feu qui devient de plus en plus précis, le canon est remis en batterie; avec la même promptitude sûre, avec le même calme qu'au champ de tir, les hommes, jetant de brefs regards sur leur lieutenant impassible, accomplissent les gestes rituels « Feu! » L'œil collé à la lunette de visée, sa volonté tendue, le pointeur reprend, après chaque coup, sa ligne de mire, essayant de prendre dans le champ de visée le monstre d'acier qui se dandine lourdement, s'approchant lentement pour mieux ajuster son tir et crachant le feu. De son sang-froid dépend, au cours des brèves
secondes qui s'enfuient la vie des hommes qui l'entourent.

Deux obus, puis quatre, six, sont tirés. Le char s'approche toujours. Couché sur la pièce, le lieutenant Brault encourage de la voix et du geste son équipe, fondue dans la même volonté, tendue vers le même but. Un
cri de triomphe jaillit de la gorge du pointeur. Le char est touché ; il s'arrête et fume déjà. Deux coups l'achèvent, tandis que les fusiliers tiennent sous leur feu le camion dont les occupants fuient.

La compagnie régimentaire d’engins viens d’avoir son premier char .
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MessageSujet: Re: 04e RIC HISTORIQUE    04e RIC HISTORIQUE  I_icon_minitimeVen 29 Mar 2024, 19:51

Quelques noms sur l'organigramme en complément de ce bel historique.

Colonel LARBALETRIER jusqu'au 17 mai 1940
Lt-colonel JOUANET après cette date

1er bataillon CB TANTY
3eme Cie : Capitaine BOULANGER
2e bataillon CB PAING
3e bataillon CB LECAM

A affecter
Capitaine Thomasset
Lieutenants Hardy et Beaugé
Lieutenant Debray au IIeme Bon CA2

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MessageSujet: Re: 04e RIC HISTORIQUE    04e RIC HISTORIQUE  I_icon_minitimeSam 30 Mar 2024, 13:14

j'ai un ALUNNI Robert, 1e classe
cdt
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MessageSujet: Quart du 4eme RIC   04e RIC HISTORIQUE  I_icon_minitimeJeu 04 Avr 2024, 23:01

Pour illustrer le sujet, je vous présente un quart gravé d'un marsouin de ce Régiment.

J'espère qu'il vous plaira.
Bien cdt
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MessageSujet: Re: 04e RIC HISTORIQUE    04e RIC HISTORIQUE  I_icon_minitimeLun 08 Avr 2024, 12:27

Quelques noms

Lieutenant BASTIEN Adolphe Marius Louis
+ 17/06/1940 Châteauneuf-sur-Loire
"Officier magnifique de courage, d'endurance et de dévouement. Pendant huit jours de violents combats, s'est prodigué sans compter jour et nuit sous des feux parfois très nourris pour inculquer aux hommes de sa compagnie sa volonté de tenir coûte que coûte. A été l'âme de la résistance grâce à l'énergie de son attitude et à son sens du devoir. Tué par balle."

Lieutenant CHARPENTIER Lucien Jules
+ 21/06/1940 Houdreville
"Au cours des différents combats livrés par le régiment pendant le mois de juin 1940 a fait preuve de sang-froid et de courage. Encerclé, est resté sur la position qui lui avait été assignée et a été tué à son poste de combat"

Lieutenant PETIT FRÈRE Victor Claire
+ 12/06/1940 Rosières. Tué par éclat d'obus


Adjudant-chef BUREL Emmanuel Louis Jules Pierre
+ 12/06/1940 Baron


Sergent-chef PELLEGRINI Lucien Henri
+ 09/06/1940

Sergent-chef PIEL Gabriel Louis Jacques (CA2)
+ 12/06/1940 Ormoy-Villers
"Bel exemple des vertus de la race, engagé volontaire pour la durée de la guerre, adjoint au Chef d'une section de mitrailleuses 13-2, a conduit au feu avec le plus courage l'unité qu'il avait instruite avec une compétence et un dévouement absolus. A été grièvement blessé"

Sergent-chef SUDRE Louis Denis
IIIe Bataillon
+ 12/06/1940 Rosières

Sergent-chef THOUBLET Louis
+ 05/07/1940

Sergent-chef TUSEI Bernard Gaetan Auguste
+ 10/06/1940 à La Croix St Ouen
"Sous-officier courageux et plein de sang-froid. A été glorieusement tué, le 10 juin 1940, à la Croix-Saint-Ouen, en pleine action".

Sergent BERNOT Germain
"Très bon sous-officier, courageux et dévoué. A été très grièvement blessé, le 7 juin 1940, à Noyon, à la tête de son groupe qu'il installait sur une nouvelle position défensive. Amputé de la jambe droite".

Sergent HOUDE Pierre,
"Le 7 juin 1940, à Noyon après avoir résisté avec son unité à une violente attaque ennemie, a été très grièvement blessé au cours d'une contre-attaque".

Sergent LEBOSSE Joseph-François
+ 09/06/1940 à Mareuil-la-Motte
"Sergent courageux et plein d'allant. Attaqué par surprise au cours d'une mission de protection à Mareuil-la-Motte (Oise), au cours d'un repli, a immédiatement mis ses pièces en batterie et a trouvé une mort glorieuse, le 9 juin 1940, en commandant le feu".

Sergent MERCIER Raymond
"Sous-officier courageux, ayant fait preuve d'un grand sang-froid au cours des engagements du 5 au 7 juin 1940. A été grièvement blessé par balle lors d'une contre-attaque allemande, le 7 juin 1940, à Noyon. Amputé du bras droité.

Sergent VANLENNE Gérard
+ 06/11/1940
"Excellent chef de groupe brave et plein d'allant. A trouvé une mort glorieuse à son poste de combat, à Rosières, le 11 juin 1940"

Sergent WADE Ousmane
+ 09/06/1940

Cordialement

Le gone

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